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Le marché pétrolier en alerte : l'impact contenu des crises de début d'année

L'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) anticipe une croi

22 Jan, 2026 24 By: عبد الفتاح يوسف
Source: مباشر
Le marché pétrolier en alerte : l'impact contenu des crises de début d'année

France - Agence de presse Ekhbary

Le marché pétrolier mondial retient son souffle, scrutant attentivement les développements politiques et économiques qui pourraient redéfinir les équilibres entre l'offre et la demande. Selon le rapport de janvier de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), la demande de pétrole devrait connaître une croissance significative en 2026, atteignant 104,98 millions de barils par jour (Mb/j), soit une augmentation de 932 000 barils par jour par rapport à l'année précédente. Cette projection témoigne d'une reprise économique mondiale, bien que les incertitudes persistent.

L'AIE a légèrement révisé à la hausse ses prévisions de demande, passant de 863 000 b/j en décembre à 932 000 b/j en janvier. Cette réévaluation s'explique en partie par une normalisation des conditions économiques après les turbulences tarifaires de 2025 et par une baisse des prix du pétrole, qui stimule la consommation. Les analystes s'accordent à dire que la majeure partie de cette croissance de la demande proviendra des pays hors de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), où la demande énergétique continue de progresser avec le développement industriel et l'urbanisation.

Parallèlement à cette hausse de la demande, l'offre de pétrole est également attendue en augmentation. Les prévisions de l'AIE indiquent que l'offre mondiale atteindra 108,7 Mb/j en 2026, soit une hausse de 2,5 Mb/j par rapport à l'année précédente. Cette augmentation est plus marquée que les prévisions initiales de 2,4 Mb/j, principalement en raison d'une production accrue aux États-Unis, au Canada et au Brésil. Ces pays, dotés d'importantes capacités d'extraction et bénéficiant parfois de politiques favorables à l'exploitation des ressources énergétiques, devraient jouer un rôle clé dans l'approvisionnement mondial.

Cette dynamique d'offre et de demande laisse entrevoir un excédent d'offre potentiellement plus important que celui observé l'année précédente. L'AIE anticipe un déséquilibre de 3,7 Mb/j, comparé à un excédent de 2,16 Mb/j en 2025. Un tel excédent pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix du pétrole, à moins que des facteurs externes ne viennent perturber cet équilibre.

C'est là qu'interviennent les incertitudes géopolitiques. L'AIE souligne la forte volatilité entourant ses prévisions, notamment en raison des tensions en Iran et au Venezuela. Ces deux pays, membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et possédant des réserves de pétrole considérables, connaissent des situations politiques et économiques complexes qui affectent directement leur capacité de production et d'exportation.

Les livraisons iraniennes ont subi une baisse notable en décembre, chutant de 350 000 b/j pour s'établir à 1,6 Mb/j. Bien que l'Iran puisse potentiellement augmenter ses exportations dans les mois à venir, la situation reste fragile, sujette aux évolutions diplomatiques et aux sanctions internationales. L'Iran, avec ses vastes réserves pétrolières, joue un rôle important sur le marché mondial, et toute perturbation de ses exportations a des répercussions.

La situation au Venezuela est encore plus préoccupante. Les exportations de pétrole vénézuélien ont chuté de manière spectaculaire au cours des deux premières semaines de janvier, diminuant de 880 000 b/j pour atteindre seulement 300 000 b/j. Cette contraction drastique est le résultat d'une combinaison de facteurs, notamment l'instabilité politique et économique chronique qui a contraint le pays à réduire sa production depuis plusieurs années. De plus, les sanctions américaines imposées sur les exportations de pétrole vénézuélien limitent encore davantage les débouchés pour ce producteur majeur.

Le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à 303,2 milliards de barils, soit environ 20% des réserves mondiales. Cependant, cette abondance de ressources ne se traduit pas par une capacité d'exportation stable. Le rapport de l'AIE note que "face à l'impossibilité d'exporter, les stocks dans le pays continuent de croître, ce qui oblige à arrêter partiellement la production". Cette situation paradoxale met en lumière les défis structurels auxquels le secteur pétrolier vénézuélien est confronté.

Historiquement, la Chine a été l'un des principaux clients du pétrole vénézuélien, représentant plus de 6% des importations chinoises. La réduction drastique des exportations vénézuéliennes ouvre donc une fenêtre d'opportunité pour d'autres fournisseurs. La Russie, déjà un exportateur majeur vers la Chine, est positionnée pour potentiellement combler ce vide. Comme le souligne le rapport, la Russie a maintenu son statut de premier exportateur de pétrole vers la Chine, malgré une baisse des volumes et des prix en 2025. Les données douanières chinoises montrent d'ailleurs une reprise des exportations russes en décembre, avec une augmentation de 250 000 b/j pour le pétrole brut et de 370 000 b/j pour les produits pétroliers.

Cette reprise des exportations russes s'est accompagnée d'une augmentation des revenus d'exportation, qui ont grimpé de 0,25 milliard de dollars pour atteindre 11,35 milliards de dollars en décembre. Cependant, cette hausse reste modérée, en partie à cause de l'élargissement des remises sur le pétrole russe Urals par rapport au Brent. En décembre, le prix moyen de l'Urals a baissé à 35,6 dollars le baril, contre 41,1 dollars en novembre, reflétant une demande mondiale encore en deçà de son potentiel et un marché potentiellement saturé.

L'AIE reste prudente quant à l'évaluation de l'impact à long terme des récents événements politiques sur les marchés pétroliers. Pour l'instant, malgré les risques persistants liés à la stabilité des approvisionnements, la hausse des prix du pétrole est contenue par un excédent d'offre et des stocks mondiaux élevés. En novembre, les stocks mondiaux ont augmenté de 75,3 millions de barils pour atteindre environ 8,1 milliards de barils. Les données préliminaires suggèrent que cette tendance à l'accumulation des stocks s'est poursuivie en décembre.

Cette situation de stocks élevés et d'excédent d'offre constitue un facteur dissuasif majeur pour une flambée des prix, même face aux tensions géopolitiques. Les marchés pétroliers sont donc dans une phase de surveillance active, où chaque annonce, chaque développement politique, chaque statistique économique est analysé à la loupe. La capacité des producteurs à ajuster leur offre face à une demande fluctuante, ainsi que la résolution des tensions géopolitiques, seront déterminantes pour l'évolution future du marché pétrolier mondial. L'année 2026 s'annonce ainsi comme une période charnière, où les forces du marché devront composer avec les réalités géopolitiques pour dessiner la trajectoire des prix du pétrole.

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