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Monday, 02 February 2026
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Un influent dirigeant d'entreprise japonais exhorte le gouvernement à agir face à la faiblesse persistante du yen

La dépréciation du yen met en péril les petites et moyennes

Un influent dirigeant d'entreprise japonais exhorte le gouvernement à agir face à la faiblesse persistante du yen
Ekhbary Editor
2 days ago
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Japon - Agence de presse Ekhbary

Un influent dirigeant d'entreprise japonais exhorte le gouvernement à agir face à la faiblesse persistante du yen

Un éminent dirigeant d'entreprise japonais a récemment exprimé de vives préoccupations concernant la faiblesse prolongée du yen et a appelé le gouvernement à intervenir de manière plus décisive. Ces remarques soulignent l'anxiété croissante au sein de la communauté des affaires, en particulier parmi les petites et moyennes entreprises (PME), qui subissent de plein fouet les conséquences de cette dépréciation monétaire. La situation actuelle, caractérisée par une augmentation significative des coûts d'importation et une restriction des capacités d'augmentation des salaires, met en lumière les défis économiques complexes auxquels le Japon est confronté.

La valeur du yen a été une source de préoccupation constante pour l'économie japonaise au cours des derniers mois. Alors que les grandes entreprises exportatrices peuvent parfois bénéficier d'un yen faible, qui rend leurs produits plus compétitifs sur les marchés internationaux, l'impact est souvent dévastateur pour les PME. Ces entreprises, qui constituent l'épine dorsale de l'économie japonaise, dépendent fortement des importations pour leurs matières premières, leurs composants et leur énergie. La hausse des prix de ces intrants, directement liée à la dépréciation du yen, érode leurs marges bénéficiaires et compromet leur viabilité à long terme.

L'un des problèmes les plus pressants est l'augmentation des coûts d'importation. Le Japon, étant un pays fortement dépendant des importations d'énergie et de nombreuses matières premières, est particulièrement vulnérable aux fluctuations de sa monnaie. Une dépréciation du yen signifie que les entreprises doivent dépenser plus de yens pour acquérir la même quantité de biens libellés en devises étrangères, comme le dollar américain. Cette charge financière est difficile à absorber pour les PME, qui n'ont souvent pas le même pouvoir de négociation ou les mêmes capacités de couverture que les grandes corporations. En conséquence, elles sont contraintes soit d'augmenter leurs prix, ce qui peut nuire à leur compétitivité, soit de réduire leurs marges, ce qui affaiblit leur santé financière.

Au-delà des coûts d'importation, la faiblesse du yen exerce une pression indirecte sur le marché du travail. Dans un contexte où les entreprises voient leurs marges se réduire, la capacité d'offrir des augmentations de salaires significatives est fortement limitée. C'est un problème crucial pour le Japon, qui cherche à sortir d'une longue période de déflation et à stimuler une croissance salariale durable. Sans des hausses de salaires substantielles, le pouvoir d'achat des ménages stagne, ce qui freine la consommation intérieure, un moteur essentiel de l'économie. Les PME, souvent les plus grandes pourvoyeuses d'emplois locaux, se retrouvent prises entre le marteau des coûts croissants et l'enclume des attentes salariales, exacerbant le dilemme.

Les appels à l'action gouvernementale ne sont pas nouveaux, mais ils gagnent en intensité à mesure que la situation perdure. Les dirigeants d'entreprise demandent des mesures concrètes, qui pourraient inclure des interventions sur le marché des changes pour soutenir le yen, bien que de telles actions soient souvent délicates et ne garantissent pas un succès à long terme sans un changement fondamental de la politique monétaire. D'autres suggestions portent sur des subventions ciblées pour les PME les plus touchées, des allégements fiscaux ou des programmes de soutien à la liquidité pour les aider à traverser cette période difficile.

La politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) est au cœur de cette problématique. Alors que d'autres banques centrales mondiales, notamment la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne, ont relevé leurs taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation, la BoJ a maintenu une politique monétaire ultra-accommodante, avec des taux d'intérêt négatifs et des contrôles de la courbe des rendements. Cette divergence de politique a créé un différentiel de taux d'intérêt significatif, rendant le yen moins attractif pour les investisseurs et contribuant à sa dépréciation. Bien que la BoJ ait récemment ajusté certains aspects de sa politique de contrôle de la courbe des rendements, elle reste prudente quant à un resserrement monétaire plus agressif, craignant d'étouffer la fragile reprise économique et de compromettre l'objectif d'une inflation stable et durable.

La persistance de l'inflation mondiale, exacerbée par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, amplifie l'impact de la faiblesse du yen. Les prix de l'énergie et des denrées alimentaires, en particulier, ont fortement augmenté, se traduisant par une pression accrue sur le coût de la vie pour les ménages japonais. Cette situation crée un cercle vicieux : la faiblesse du yen alimente l'inflation importée, ce qui réduit le pouvoir d'achat des consommateurs, tandis que les entreprises peinent à offrir des salaires compensatoires. Le gouvernement est donc sous pression pour trouver un équilibre délicat entre le soutien à la croissance économique et la lutte contre les pressions inflationnistes.

Les analystes économiques soulignent que toute intervention gouvernementale doit être soigneusement calibrée. Une intervention directe sur le marché des changes, par exemple, pourrait être perçue comme un geste unilatéral et potentiellement déclencher des tensions commerciales. De plus, son efficacité à long terme est souvent limitée si les fondamentaux économiques et les politiques monétaires sous-jacentes ne changent pas. Il est plus probable que le gouvernement explore une combinaison de mesures, incluant des ajustements budgétaires, des incitations pour les PME et un dialogue continu avec la Banque du Japon pour coordonner les politiques.

Historiquement, le Japon a connu des périodes de forte et de faible monnaie, chaque situation présentant ses propres défis et opportunités. Cependant, la conjoncture actuelle, marquée par une inflation mondiale et des incertitudes géopolitiques, rend la gestion de la valeur du yen particulièrement complexe. La capacité du gouvernement à répondre efficacement à ces préoccupations sera cruciale pour la stabilité et la croissance futures de l'économie japonaise. La communauté des affaires attend avec impatience des signaux clairs et des actions concrètes pour atténuer les pressions et restaurer la confiance, en particulier pour les PME qui luttent pour maintenir leurs activités et leurs emplois face à un environnement économique de plus en plus difficile.