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Thursday, 05 February 2026
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Minneapolis : Trump adoucit son discours sur l'immigration, mais maintient une ligne ferme

Retrait partiel de policiers fédéraux après des incidents me

Minneapolis : Trump adoucit son discours sur l'immigration, mais maintient une ligne ferme
Matrix Bot
3 hours ago
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États-Unis - Agence de presse Ekhbary

Minneapolis : Trump adopte une approche nuancée sur l'immigration, entre fermeté et détente

La ville de Minneapolis est devenue le théâtre d'une évolution notable dans la politique migratoire de l'administration Trump. Après plusieurs semaines de tensions vives, marquées par des raids d'envergure et des incidents tragiques ayant entraîné la mort de deux manifestants opposés à ces opérations, le président américain Donald Trump a semblé ajuster son discours, optant pour une approche plus mesurée tout en réaffirmant la détermination de son administration à appliquer une politique d'immigration stricte. Cette nouvelle orientation, qualifiée par certains observateurs de "main de fer dans un gant de velours", intervient alors que l'émissaire présidentiel, Tom Homan, a annoncé le retrait immédiat de 700 agents des forces de l'immigration fédérale de la ville.

Lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision NBC, Donald Trump a lui-même reconnu la nécessité d'une approche potentiellement plus subtile. "J'ai appris que peut-être une approche plus délicate pourrait être utile", a-t-il déclaré, avant de nuancer aussitôt ses propos : "Mais il faut tout de même être dur" dans l'application de la politique migratoire. Cette déclaration reflète une tentative d'équilibriste, cherchant à apaiser les tensions sans renoncer aux objectifs fondamentaux de son administration en matière de contrôle des frontières et d'expulsions des immigrés en situation irrégulière.

Le retrait annoncé par Tom Homan, ancien directeur du U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE), concerne donc 700 agents parmi les milliers déployés ces dernières semaines à Minneapolis. Ces opérations, souvent menées par des agents masqués, visaient à appréhender les immigrés sans papiers, suscitant une forte opposition de la part de certains segments de la population et des organisations de défense des droits civiques. Homan a précisé que ce retrait serait effectif immédiatement, bien qu'il n'ait pas explicitement indiqué si le retrait concernait uniquement la ville de Minneapolis ou s'étendait à l'ensemble de l'État du Minnesota. Il a toutefois souligné qu'environ deux mille policiers fédéraux resteraient sur place, un effectif considérablement supérieur aux 150 agents présents avant le lancement de ces opérations intensives.

Parallèlement à cette décision d'allègement tactique, Tom Homan a tenu à dissiper tout malentendu quant à la stratégie globale de l'administration Trump. "Je vais être clair. Le président Trump a bien l’intention de procéder à des expulsions massives au cours de son mandat et les opérations de contrôle de l’immigration vont se poursuivre tous les jours", a-t-il martelé. Il a ajouté, avec une détermination sans équivoque : "Je ne partirai pas tant que nous n’aurons pas tout terminé". Ces propos visent à rassurer les partisans d'une politique migratoire ferme et à signaler que les efforts de contrôle et d'expulsion ne faibliront pas. Homan, envoyé par Trump la semaine précédente pour tenter de "arrondir les angles" et de gérer la crise, remplace un responsable plus zélé, le chef de la police aux frontières Greg Bovino, suggérant une volonté de gérer la communication de manière plus stratégique.

La rhétorique entourant ces opérations a été particulièrement houleuse. Tom Homan a fermement dénoncé ce qu'il qualifie de "rhétorique anti-ICE", estimant qu'elle avait directement contribué à la violence survenue dans la ville. "J’avais dit en mars que si cette rhétorique haineuse ne s’arrêtait pas, je craignais que cela finisse en bain de sang. Et cela s’est produit", a-t-il affirmé, faisant référence aux décès de Renee Good et Alex Pretti. Ces deux individus, opposés aux raids des agents d'immigration, ont été tués en janvier par des agents fédéraux lors de rassemblements à Minneapolis. Les circonstances exactes de ces incidents restent sujettes à enquête, mais leur issue tragique a exacerbé les tensions et alimenté le débat public.

Réagissant à ces décès, Donald Trump a tenu des propos qui ont suscité des réactions mitigées. S'adressant à NBC, il a déclaré que les victimes "n'étaient pas des anges", tout en reconnaissant que ces drames "n'auraient pas dû se produire". Cette déclaration, qui semble minimiser la responsabilité des agents tout en déplorant l'issue fatale, souligne la complexité de la situation et la difficulté de trouver un consensus sur la manière de gérer les questions migratoires et les forces de l'ordre.

L'affaire de Minneapolis met en lumière les défis considérables auxquels est confrontée l'administration Trump dans la mise en œuvre de sa politique migratoire. D'un côté, la nécessité de maintenir l'ordre public et de faire respecter la loi, de l'autre, la pression croissante pour adopter des méthodes moins confrontantes et respecter les droits fondamentaux des personnes concernées. Le retrait partiel des effectifs fédéraux pourrait être interprété comme une tentative de désescalade face à la controverse, tandis que les déclarations de Trump et Homan visent à rassurer quant à la continuité de la politique d'expulsions.

Cette situation soulève des questions plus larges sur l'équilibre entre sécurité nationale et droits humains, ainsi que sur les stratégies de communication politique dans des contextes sensibles. La façon dont l'administration gérera les prochaines étapes à Minneapolis et ailleurs sera un indicateur clé de son approche future en matière d'immigration, une question centrale de son agenda présidentiel. Le débat sur les "expulsions massives" et les "opérations de contrôle" continue de polariser l'opinion publique, rendant chaque décision et chaque déclaration soumises à un examen minutieux.

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