Ekhbary
Wednesday, 18 February 2026
Breaking

Pedro Sánchez : Visionnaire mondial ou voix isolée à contre-courant ?

Le président espagnol prend ses distances avec la course à l

Pedro Sánchez : Visionnaire mondial ou voix isolée à contre-courant ?
7DAYES
6 hours ago
3

Espagne - Agence de presse Ekhbary

Pedro Sánchez : Visionnaire mondial ou voix isolée à contre-courant ?

Dans un paysage mondial de plus en plus dominé par les appels à l'accroissement des capacités militaires et des dépenses de défense, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a présenté une vision étonnamment différente lors de la récente Conférence de Munich sur la sécurité. Alors que les discours penchaient de plus en plus vers une nouvelle course à l'armement, Sánchez a plaidé avec passion pour un 'réarmement moral' et a fermement rejeté le 'réarmement nucléaire', affirmant que ce dont le monde avait réellement besoin était une boussole éthique pour freiner la concurrence militaire effrénée. Cette position, décrite comme un 'oiseau rare' au cœur de Munich, un centre névralgique de l'intelligence et de l'industrie militaire européenne, souligne une stratégie espagnole visant à se distinguer et à offrir une alternative sur la scène internationale.

La perspective de Sánchez est qu'il ne s'agit pas simplement d'une opposition au courant dominant, mais d'une tentative d'anticiper les événements et de mener une nouvelle direction. Il invoque des figures historiques comme Ronald Reagan et Robert Kennedy, démontrant que les avertissements concernant les répercussions d'une dérive vers un armement incontrôlé ne sont pas nouveaux, et qu'un tel chemin pourrait mener à 'la fin de l'humanité'. L'adoption de cette vision au cœur des discussions sur la sécurité européenne reflète sa conviction que le monde se dirige vers un abîme, et qu'un changement de cap drastique est urgemment nécessaire. Son gouvernement estime être 'en avance' sur les événements, un peu comme sa reconnaissance de la Palestine, et espère que les dynamiques mondiales se déplaceront progressivement vers sa position.

Au-delà de son appel à la paix et au désarmement, Sánchez cultive activement une image de leader mondial offrant une alternative à un monde potentiel de Donald Trump. Il se voit comme le représentant de millions de personnes à travers le monde, pas seulement des progressistes, qui recherchent des approches différentes pour résoudre les problèmes internationaux. Cette ambition n'était pas seulement une perception, mais s'est matérialisée lors de réunions importantes, comme sa rencontre avec le gouverneur de Californie Gavin Newsom à Munich. Newsom, un éminent opposant à Trump aux États-Unis, a exprimé son admiration pour Sánchez en tant que 'président progressiste', louant son courage face aux 'techno-oligarques' comme Elon Musk. Leur échange de cadeaux était hautement symbolique ; Sánchez a offert à Newsom un exemplaire de 'Don Quichotte', faisant allusion à la lutte contre le 'géant' Trump et ses alliés de la grande technologie.

La stratégie internationale de Sánchez est intrinsèquement liée au contexte politique intérieur de l'Espagne. Le Premier ministre estime que son rôle de référence mondiale pour le progressisme, qui résonne davantage en dehors de l'Espagne qu'à l'intérieur, peut servir de catalyseur pour mobiliser la gauche espagnole de plus en plus découragée et réticente à voter. Son gouvernement nourrit l'espoir qu'un changement potentiel dans la politique mondiale, notamment influencé par les élections américaines, pourrait modifier le paysage politique mondial et espagnol. C'est une stratégie désespérée pour un exécutif confronté à des défis internes croissants, méfiant de la montée de la droite en Espagne, comme en témoignent récemment les élections régionales en Estrémadure et en Aragon, et anticipant son ascension potentielle à La Moncloa d'ici 2027.

Sánchez a choisi une voie risquée, avec des coûts tangibles. Affronter les États-Unis ou Israël, deux acteurs pivots du monde occidental et militaire, n'est pas sans conséquences. Néanmoins, il reste convaincu qu'il se tient là où les progressistes du monde entier, et même certains conservateurs modérés alarmés par les tendances militaristes actuelles, souhaitent être. Ce pari, que certains perçoivent comme potentiellement isolant l'Espagne en Europe et dans certains forums internationaux, reflète une détermination inébranlable. C'est un mouvement définitif qui déterminera l'issue des batailles politiques et des élections, mais il ne sera pas modifié. Seul le temps dira l'impact total de cet engagement, non seulement sur le rôle de l'Espagne dans le monde, mais aussi sur ses résultats électoraux nationaux.

Mots clés: # Pedro Sánchez # Munich # réarmement moral # Donald Trump # politique espagnole # Gavin Newsom # progressisme # conflit militaire # diplomatie # élections américaines