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Saturday, 14 March 2026
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Un film muet longtemps perdu révèle le premier 'robot' du cinéma dans l'œuvre de Georges Méliès de 1897

Les archivistes de la Bibliothèque du Congrès découvrent 'Gu

Un film muet longtemps perdu révèle le premier 'robot' du cinéma dans l'œuvre de Georges Méliès de 1897
7DAYES
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États-Unis - Agence de presse Ekhbary

Un film muet longtemps perdu révèle le premier 'robot' du cinéma dans l'œuvre de Georges Méliès de 1897

Dans une découverte qui pourrait réécrire un chapitre de l'histoire du cinéma, la Bibliothèque du Congrès a dévoilé un film muet longtemps perdu de 1897, qui serait la toute première représentation d'un 'robot' au cinéma. Intitulé 'Gugusse et l'Automate', ce chef-d'œuvre de 45 secondes du cinéaste français pionnier Georges Méliès offre un aperçu fascinant des premiers thèmes de science-fiction et des peurs naissantes entourant les êtres artificiels, des décennies avant que le mot 'robot' ne soit même inventé.

La bobine, qui prenait la poussière depuis des décennies dans un garage, faisait partie d'une collection plus vaste donnée par les descendants de William Delisle Frisbee, un agriculteur de pommes de terre de la fin du 19e siècle qui était également un projectionniste itinérant. Les archivistes de la Bibliothèque du Congrès ont minutieusement ramené cet artefact cinématographique à la vie, révélant non seulement une pièce manquante de l'œuvre prolifique de Méliès, mais aussi un thème narratif durable : l'appréhension des machines se retournant contre leurs créateurs.

Bien qu'apparaissant plus de 20 ans avant que le terme 'robot' ne soit officiellement inventé dans la pièce de Karel Čapek de 1920, 'R.U.R.', l'« automate » de Méliès incarne clairement les figures mécaniques et humanoïdes qui définiraient plus tard l'archétype du robot. Le film s'ouvre avec Gugusse, un magicien, présentant fièrement un « automate » déguisé en clown sur un piédestal. Après l'avoir remonté comme un jouet, l'automate effectue des mouvements simples et charmants. Cependant, la scène prend rapidement une tournure sombre.

Dans une séquence ultérieure, une figure humanoïde plus grande et plus menaçante remplace l'automate initial. De nouveau remontée par Gugusse, cette machine réagit en bougeant ses membres, mais cette fois avec une intention sinistre. Elle se réoriente vers le magicien, utilisant ses bâtons de marche comme armes et agressant violemment son créateur. Gugusse, dans un accès de rage comique mais violent rappelant les dessins animés Looney Tunes, riposte en écrasant l'automate avec un marteau géant jusqu'à ce qu'il rétrécisse et disparaisse. Cette première représentation cinématographique capture de manière vivante une peur humaine primale de la technologie devenant incontrôlable, un thème qui continue de résonner dans les récits de science-fiction contemporains.

Courtney Holschuh, technicienne archiviste à la Bibliothèque du Congrès, a exprimé la profonde signification de cette découverte, déclarant : « C'est l'une de ces collections qui vous fait réaliser pourquoi vous faites ce travail. » La découverte était loin d'être accidentelle. Les techniciens de la Bibliothèque, en examinant les bobines de film données, ont remarqué des signes révélateurs du style distinctif de Méliès. Après des consultations avec un expert de Méliès, ils ont confirmé qu'ils étaient tombés sur un film convoité, longtemps perdu.

L'équipe a ensuite consacré plus d'une semaine à scanner et à stabiliser méticuleusement les délicates images en nitrate, les transformant en un format numérique 4K impeccable, désormais librement accessible au public mondial. Cet effort de conservation minutieux souligne le dévouement d'institutions comme la Bibliothèque du Congrès à la sauvegarde du patrimoine cinématographique mondial. Jason Evans Groth, conservateur de la section des images animées, a résumé avec éloquence le voyage du film : « Ce film est passé d'une carriole dans la Pennsylvanie rurale, à une [Toyota] Camry dans le Michigan, à Culpeper [Virginie], entre les mains de nos techniciens à la Bibliothèque du Congrès, et maintenant, grâce au travail que nous pouvons y faire ici, nous pouvons le partager avec le monde entier. »

Georges Méliès, bien qu'il ne soit peut-être pas un nom familier aujourd'hui, fut un véritable titan du cinéma primitif. Commençant sa carrière en tant que magicien de scène, il est passé sans transition à la réalisation de films, que de nombreux contemporains considéraient comme une forme de magie en soi. Méliès a produit environ 500 films, pionnier de techniques révolutionnaires telles que la double exposition et la perspective forcée. Son profond intérêt pour les premiers écrivains de science-fiction comme H. G. Wells et Jules Verne a sans aucun doute influencé son utilisation de l'automate, un concept de figures mécaniques auto-opérantes qui existaient sous diverses formes depuis au moins le début du 17e siècle.

Cette découverte sert également de puissant témoignage de la longévité du film en nitrate. George Willeman, responsable de la chambre forte des films en nitrate à la Bibliothèque du Congrès, a fait remarquer : « J'ai travaillé avec le nitrate pendant des décennies et cela ne cesse de m'étonner de voir à quel point ce matériau peut être robuste et durable. Nous avons des cassettes vidéo qui ne sont plus utilisables et pourtant, voici une copie nitrate de 1895 que nous avons pu identifier rien qu'en la regardant. » Cette trouvaille enrichit non seulement notre compréhension de l'héritage de Méliès, mais souligne également l'importance cruciale de la conservation des films pour les générations futures.

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