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Thursday, 29 January 2026
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DIRECT. Procès de Joël Guerriau: l'ex-sénateur demande à Sandrine Josso de le

DIRECT. Procès de Joël Guerriau: l'ex-sénateur demande à Sandrine Josso de le
Ekhbary Editor
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Joël Guerriau a longuement déposé aujourd'hui à la barre. Sandrine Josso s'est elle aussi livrée sur les traumatismes et les séquelles qu'elle conserve de cette soirée du 14 novembre 2023.

Le procès reprend demain. Il s'agit du dernier jour

L'audience est suspendue. Elle reprend demain 13h30.

"Une fois cette affaire terminée, je voudrais m'engager et dire ce que j'ai fait pour que d'autres ne tombent pas dans de telles erreurs", dit Joël Guerriau. "Que ça n'arrive pas aux autres."

La déposition de Sandrine Josso est désormais terminée. Il est maintenant question de la personnalité du prévenu.

"Je m'en veux tellement, c'est une amie (...) pour moi ça en est toujours une", dit Joël Guerriau. "Je voudrais qu'elle sache que je n'avais pas de mauvaises intentions à son égard (...) je comprends qu'elle me pardonne pas, je comprends qu'elle m'en veuille."

Le président annonce qu'à ce stade des débats: la cour envisage une éventuelle requalification des faits.

De "administration d'une substance de nature à troubler le discernement en vue de commettre une agression sexuelle ou un viol" à "administration d’une substance illicite suivi d’une incapacité de plus de huit jours". De "détention de substance illicite" à "usage illicite de stupéfiants"

L'un des avocats de Joël Guerriau, Henri Carpentier, prend la parole. Il s'adresse à Sandrine Josso: "vous êtes une victime".

Il évoque aussi le combat de Sandrine Josso contre la soumission chimique.

"Mon statut est particulier, je suis une victime, comme toutes les victimes, et d'un autre côté je suis députée." Et d'ajouter: "moi je viens à ce procès en tant que citoyenne et victime avant tout."

Sandrine Josso évoque la confiance "trahie". "Je l'ai rencontré, il y a plus de dix ans. J'ai contribué à mon niveau à sa réélection", poursuit-elle.

Elle dit aussi s'être rendue "le coeur léger" chez cet ami et avoir "découvert un agresseur".

Elle dit attendre de cette audience que "la juridiction fasse son travail". "Je souhaite la manifestation de la vérité, c'est important pour moi et dire aussi ce que j'ai vécu."

"J'ai continué à me crisper. J'ai encore des grincements à la mâchoire. J'ai du me faire retirer deux dents. Puis encore deux", confie-t-elle.

Elle évoque sa prise en charge psychiatrique, cette nécessité de rapprocher les séances. "Je suis suivie, toujours", dit Sandrine Josso.

Sandrine Josso revient sur les séquelles. "J'avais du mal à m'alimenter, les sciatiques à répétititon qui m'empêchaient de dormir", déclare-t-il.

"J'étais épuisée entre les douleurs, le sommeil (...) le fait que je doive retourner à l'Assemblée nationale."

Un arrêt maladie de "quasiement six mois" lui a été délivré après les faits. "Pour continuer mon travail, je devais me mettre dans des situations qui me paniquaient comme prendre le train." La peur de croiser le sénateur dans l'un des wagons la tétanisait.

Elle raconte aussi cette crainte de prendre les escaliers. "J'ai du voir des kinés, des ostéopathes, consulter un psychiatre, faire face car quand vous êtes victimes vous n'êtes pas soutenue de partout", poursuit-elle. "J'ai voulu m'emparer de ce sujet pour être dans l'action."

La députée avait déclaré avoir ressenti que Joël Guerriau voulait assouvir "une pulsion" le soir des faits. Elle s'explique aujourd'hui: "Il me regardait avec insistance, il regardait tous mes gestes et je ne voulais pas lui montrer le moindre signe de faiblesse (...) je voulais m'échapper."

Elle rappelle qu'elle venait simplement fêter une réélection. "Je lui faisais confiance", confie-t-elle.

"Sa tenue vestimentaire, le fait qu'il soit monté sur piles, je me suis dit: 'mais il m'a mis quelque chose dans mon verre." La déposition de Sandrine Josso se poursuit.

Le président prend la parole. Il dit qu'il à une question blessante. "Est-ce que vous auriez pu confondre ce sachet et un autre sachet qu'il aurait pu manipuler et qui serait le sachet de jeux de magie?"

Sandrine Josso lui répond: "C'était après le spectacle, c'était au moment de partir." Elle se demande alors: "qu'est-ce qu'il y a dans ce sachet". Elle répète avoir pris "conscience de tout" à cet instant.

Le président l'interroge sur l'ouverture de la bouteille de champagne. "J'étais assise dans le canapé et lui était dans la cuisine", dit Sandrine Josso. Elle précise que ce champagne a été servie par l'ex-sénateur dans la cuisine.

"Je ne me sens pas bien. J'ai peur. Je me dis qu'il va me dire de m'allonger si je lui dis que je ne me sens pas bien", poursuit Sandrine Josso.

"Je garde toutes mes forces pour rester debout", poursuit-elle, affirmant voir Joël Guerriau la suivre. "Je marche, je tente de me concentrer avec les dernières forces que j'avais. J'avais des palpitations qui augmentaient, je me sentais partir."

La voix de Sandrine Josso tremble à la barre. La députée de Loire-Atlantique se met à pleurer en évoquant ses enfants.

"Je pense à mes enfants, j'appelle mon collègue, je lui dis que je vais mourir, que Joël a mis quelque chose dans mon verre", poursuit-elle.

Sandrine Josso évoque la tenue dans laquelle Joël Guerriau la reçoit. "Il avait une tenue inhabituelle, pas une tenue de ville. Il était dans une tenue décontractée, ça m'a étonnée", explique la députée.

Elle revient sur la coupe de champagne, et les premières palpitations. "Je me sentais vraiment partir", appuie-t-elle. "A un moment donné, il a repris les coupes en verre, il est retourné dans la cuisine et comme la soirée me paraissait bizarre, il n'y avait personne d'autre, je regarde ce qu'il fait dans la cuisine. Je passe la tête et je vois qu'il tient à côté de la coupe de champagne un sachet. Et je le vois ranger le sachet."

Elle décrit ses premiers symptômes et la peur de parler à son hôte: "mes jambes tremblaient, j'avais très très soif".

Sandrine Josso s'avance à la barre. Elle porte une veste de costume bleue et un pantalon noir.

Voilà maintenant quatre heures que l'interrogatoire de Joël Guerriau a commencé.

Il répond à présent à certaines questions de son avocat. "Avez-vous parlé sexe?", lui demande l'avocat. "Non", répond Joël Guerriau.

"Avez-vous voulu violer madame Josso?", demande son avocat. "Non, non, non", réagit l'ex-sénateur.

L'interrogatoire est terminé. La parole est à Sandrine Josso.

Le président rappelle les symptômes de Sandrine Josso - sueurs, bouffées de chaleur, palpitations - le 14 novembre 2023 au soir. Il demande alors à Joël Guerriau quel aurait été son réflexe s'il avait été au courant de cet état. Aurait-il tout simplement réagi?

Il l'aurait emmenée aux urgences, assure Joël Guerriau. "Elle n'a rien montré", ajoute-t-il, précisant ne lui avoir pas tenu le bras à son départ de l'appartement.

Sandrine Josso avait expliqué aux enquêteurs n'avoir rien laissé paraître à son hôte puisqu'elle le soupçonne de l'avoir droguée dans l'intention de la violer.

Le président insiste: le prévenu souhaitait-il faire une soirée "tours de magie"? Des rires éclatent dans la salle, mais Joël Guerriau reste impassible. Il dit faire des tours de magie en famille, à ses petits-enfants.

"Je voulais qu'elle ait un moment de plaisir, j'étais là pour lui faire plaisir", lance Joël Guerriau.

Le président lui rappelle le sentiment qui a traversé Sandrine Josso. "C'est un ressenti", répond Joël Guerriau. "J'ai eu conscience que l'un d'entre nous à un moment donné a pris ce produit, et je l'ai observé pour voir s'il y avait des signes, quelque chose qui se passait, car je n'étais pas à l'aise", ajoute-t-il pour tenter d'expliquer ce qu'a pu ressentir Sandrine Josso.

On arrive aux tours de magie, dont le fameux tour avec la chaîne glissé dans un anneau. Un tour que Sandrine Josso avait estimé "très évocateur".

Le président lui demande s'il y avait une connotation sexuelle derrière. "Non", lui répond Joël Guerriau.

"C'est un tour de magie familial que j'ai souvent dans la poche", ajoute-t-il. "Le lendemain, je l'ai ressorti en attendant de voir le médecin du Sénat. C'est quelque chose que je fais régulièrement."

Et d'affirmer à nouveau: "aucune connotation sexuelle, monsieur le président".

Au tribunal, Joël Guerriau évoque de la "stupidité" et "l'inconscience". "Je n'ai pas de mot pour ça, c'est très grave", poursuit-il. "Je suis effondré par ça et j'y pense très, très souvent."

Il dit avoir conscience de la quantité de poudre présente dans la coupe de champagne.

Au moment où il a mis cette substance dans le verre, il estime "ridicule" voire "anodine" sa quantité, précisant qu'il aurait pu "en mettre plus". Pour rappel, il affirme depuis le début de l'affaire, et encore aujourd'hui, qu'il ne savait pas qu'il s'agissait de produit stupéfiant.

Joël Guerriau réfute avoir insisté auprès de la députée de Loire-Atlantique à finir son verre. C'est en tout cas la version qu'elle a livrée tout au long de la procédure.

"Je n'ai jamais poussé Sandrine Josso à boire ou à trinquer", déclare-t-il.

Le président interroge Joël Guerriau sur ce verre pris par la députée et dans lequel se trouvait la substance qu'il aurait oublié de nettoyer la veille.

"J'aurais tellement voulu que Sandrine me le dise (qu'elle n'allait pas bien;NDLR). Je m'en veux énormément monsieur le président."

Le président interroge Joël Guerriau sur la présence du produit dans la coupe de champagne servie à Sandrine Josso. Il explique que, pris d'une crise d'angoisse la veille des faits et une fois chez lui, il farfouille dans son tiroir à médicaments.

"Je sors tout ça et je vois ce sachet. Je l'avais un peu oublié, mais je me suis dit que je me sens mal donc que c'est peut-être le moment de le prendre. J'ai pris un médicament, je n'allais pas bien et je suis sorti", poursuit-elle. Il est donc sorti sans toucher à cette substance.

"Il n'a jamais été question d'un restaurant." Joël Guerriau parle toujours à la barre. Pour mémoire, Sandrine Josso a expliqué lors de l'enquête qu'elle devait rejoindre initialement l'ex-sénateur au restaurant le soir du 14 novembre 2023.

Au tribunal, Joël Guerriau dit avoir échangé avec la députée pour le programme de la soirée. "Je parle de fajitas, elle me dit qu'elle aime ça. Je lui dit tant mieux car j'en ai marre des restaurants."

Il est désormais question de l'invitation de Joël Guerriau lancée à Sandrine Josso pour célébrer sa réélection.

"Je lui ai fait une proposition de date. L'invitation se présente dans la logique de faire des remerciements. À Paris, il n'y a que deux personnes qui se sont investies, dont Sandrine", explique-t-il. Le second, selon Joël Guerriau, n'était pas disponible ce soir-là. "Il ne restait que Sandrine", il évoque un "tête-à-tête" comme "il a pu y en avoir dans d'autres situations."

"Souhaitiez-vous fêter votre réélection?", demande le président au prévenu.

"Lorsque vous êtes élu, vous faites une soirée de remerciements", explique-t-il.

"Au moment où cette soirée s'est faite (en Loire-Atlantique; NDLR), Sandrine m'a adressé un SMS en me disant qu'elle me félicitait, qu'elle ne pouvait pas venir et qu'on fêterait ça au Sénat", poursuit l'ex-sénateur.

Le président interroge Joël Guerriau sur sa relation avec Sandrine Josso avant les faits. "Nous avions une relation d'amitié, nous avions une certaine réciprocité", déclare le prévenu. "Une relation de confiance, amicale, sans aucune ambiguïté".

Le président passe au sachet de MDMA retrouvé au domicile de Joël Guerriau.

"La personne qui me l'a donné, me l'a donné pour m'aider. J'étais en dépression", rappelle Joël Guerriau. "J'allais pas bien."

Il n'a jamais transmis aux enquêteurs l'identité du sénateur qui lui a donné le petit sachet. Il adopte la même attitude aujourd'hui devant le tribunal.

"Si je donnais le nom, elle démentirait. Et ça relancerait le débat sur une institution à laquelle je suis très attachée (le Sénat; NDLR)".

Joël Guerriau poursuit ses explications sur ces recherches effectuées sur internet. Il peine à les justifier, évoquant des recherches effectuées dans un train au gré de pensées qui le traversaient.

Puis il lâche: "pour moi, c'est anecdotique". Le président le reprend: "ça ne l'est pas".

Le président creuse et rappelle à Joël Guerriau qu'il a effectué ces mêmes recherches à un autre moment de la journée.

Mais alors, pourquoi avoir posé cette question au moteur de recherche: "où se procurer de l'ecstasy"?

"Tout va très vite, je n'ai aucun souvenir de ces recherches. C'était très rapide", dit Joël Guerriau au Président.

Le président interroge l'ex-sénateur sur ses recherches internet. "Ce sont des recherches sur un temps extrêmement limité, ce ne sont pas des recherches d'une grande précision", lui répond Joël Guerriau.

Il évoque l'amie d'une de ses filles qui aurait été victime de la drogue dite du violeur.

Pourquoi concentrer ces recherches sur l'ecstasy, l'interroge alors le président. "Sur internet, vous passez d'une page à l'autre", répond Joël Guerriau.

"Êtes-vous éclairé, informé sur les différents stupéfiants et leurs effets?", lui demande le président. Joël Guerriau dit avoir déjà entendu parler de l'ecstasy, mais n'avoir que des "connaissances générales"."J'ai une connaissance très populaire. À l'époque, GHB et MDMA ça ne voulait rien dire."

Le président revient sur le témoignage d'un stagiaire qui évalue la consommation de cannabis de l'ex-sénateur à "deux fois par mois".

Joël Guerriau reconnaît avoir fumé une fois du cannabis. "J'ai accepté de prendre un joint sans plus", martèle-t-il. "Je n'ai jamais été consommateur de cannabis."

"Je n'ai jamais acheté de drogue, j'étais parfois en contact lors de soirée (...) mais c'est tout, ça ne va pas plus loin."

Le président l'interroge sur une possible consommation de drogue ou de médicaments pour faire face à ce stress.

"J'ai eu recours à un médecin qui m'a conseillé de prendre des antidépresseurs, mais tout en me montrant les effets secondaires (...)", dit Joël Guerriau. Il ajoute: "j'étais en campagne électorale (...) pour moi ce n'était pas la solution."

Il confirme avoir pris "d"autres choses". "Par exemple, le Rhodiola (une plante médicinale; NDLR)." Il dit aujourd'hui prendre des antidépresseurs, et affirme n'avoir jamais consommé de MDMA.

Il évoque sa fonction, le stress généré par son mandat de sénateur en mai 2023. "Ma famille politique n'était pas la plus en vue en Loire-Atlantique."

"C'était ma dixième campagne, j'étais épuisé. J'étais vraiment pas bien", déroule l'ex-sénateur. "J'avais une sorte de conscience qui m'a poussé à me représenter, mais je n'avais pas envie de le faire."

À la barre, Joël Guerriau explique qu'il faisait "de plus en plus de crises d'angoisse" à cette époque. "Le fait de me retrouver seul était de plus en plus invivable."

Il raconte le poids de l'absence de ses enfants, expliquant s'être beaucoup interrogé "sur moi-même et sur mon absence auprès de mes enfants".

L'appartement dans lequel il a reçu Sandrine Josso est un logement de fonction, explique-t-il.

Il le présente comme un "outil de travail" où il reçoit des personnes pour travailler. Pourquoi avoir invité Sandrine Josso ce soir-là, lui demande alors le président?

"Je recevais aussi des personnes dans un cadre plus festif", indique l'ex-sénateur.

La lecture du président s'achève. Joël Guerriau est à la barre. Il parle bas, le président le lui dit.

"Monsieur le président, si j'ai une déclaration à faire: 'je suis vraiment désolé pour Sandrine (...) je n'ai jamais voulu lui faire de mal (...) C'est très difficile à accepter. J'espère qu'elle me pardonnera".

Le président évoque les historiques de recherche de Joël Guerriau. Le 9 octobre 2023, soit un mois avant sa soirée avec Sandrine Josso, l'ex-sénateur recherche en effet des informations dans son moteur de recherches sur plusieurs types de drogues et leurs effets, notamment l'ecstasy, le GHB.

Le président rappelle également que Joël Guerriau clame son innocence depuis le début de l'affaire.

L'épouse de Joël Guerriau est entendue en 2024. Le président lit son témoignage. La femme de l'ex-sénateur dit de Sandrine Josso, qu'elle connaît, qu'elle "aime bien être au centre de l'attention (...) elle n'est pas bien perçue, elle aime la lumière (...) elle a déjà souvent porté plainte, je crois".

Elle dit aussi que son mari est correct avec les femmes et qu'il n'était pas bien (le soir du 14 novembre 2023; NDLR) à cause de la perte récente de son chat.

Deux anciennes employées de Joël Guerriau sont entendues dans le cadre de l'enquête. Elles expliquent n'avoir jamais constaté de geste ou d'acte déplacé envers d'autres femmes ni avoir déjà vu Joël Guerriau consommer des produits stupéfiants.

Lors de l'enquête, une gendarme réserviste, et ancienne collaboratrice de Joël Guerriau, a contacté les policiers, affirmant avoir été elle-aussi victime de Joël Guerriau.

Elle expliquait, "avec des propos décousus", avoir vu Sandrine Josso parler dans une émission de télévision. Elle affirmait alors avoir vécu la même chose que la députée à deux reprises avec Joël Guerriau, dont en mai 2022.

Elle avait expliqué s'être réveillée dans le lit de l'ancien sénateur avec son t-shirt, mais ne pas se souvenir de la soirée.

Cette femme n'a jamais répondu aux convocations des enquêteurs.

Une photo de l'appartement de Joël Guerriau est diffusée à l'audience. Elle permet de comprendre le déroulé de la soirée du 14 novembre 2023.

On découvre que le coin cuisine est attenant au salon. Le coin cuisine et le salon ne sont pas séparés.

On aperçoit également le canapé dans lequel Sandrine Josso affirme s'être assise tandis que son hôte préparait les coupes de champagne.

La photo du petit sachet en plastique, contenant 0,30 gramme de poudre et découvert lors de la perquisition, est également diffusée.

Le 15 novembre 2023, Joël Guerriau, qui n'a pas répondu à la convocation au commissariat en vue de son placement en garde à vue, est interpellé dans un café en train de boire une bière avec un connaissance.

Son prélèvement urinaire était alors revenu positif à de nombreux stupéfiants. Une seconde analyse d'urine se révélait finalement négative aux produits recherchés, notamment la MDMA.

Le spécialiste en charge de cette analyse reconnaissait alors une "erreur" et expliquait avoir inversé des retranscriptions. "Je pense que je suis allé trop vite", ajoutait-il.

Le président rappelle que la dose de MDMA retrouvée dans le sang de la députée de Loire-Atlantique est "bien supérieure" à la dose récréative.

Le président poursuit la lecture des faits. Au cours de l'enquête, Sandrine Josso explique aux policiers avoir ressenti "comme un étouffement", "comme si ma gorge se serrait" après avoir bu une première gorgée de champagne chez Joël Guerriau.

Un champagne dont elle avait trouvé le goût inhabituel, le soir du 14 novembre 2023.

David Pelicot, le fils de Gisèle Pelicot, a été aperçu devant la salle d'audience. Sandrine Josso fait partie de l’association fondée par la sœur de David Pelicot, Caroline Darian, qui lutte contre la soumission chimique, "M’endors pas".

Le président poursuit le déroulé des faits. Il rappelle que Sandrine Josso s'est rendue immédiatement à l'hôpital après la soirée du 14 novembre 2023.

À l'hôpital, les examens médicaux confirment la présence de MDMA dans son organisme.

"La MDMA est souvent considérée comme un stimulant, un euphorisant", rappelle le président. Il ajoute: "La MDMA, si elle est associée à l'alcool, est susceptible de provoquer des troubles de la mémoire".

Le président du tribunal revient sur le dépôt de plainte de Sandrine Josso, le 15 novembre 2023. Il cite les propos tenus par la députée:

"Hier soir (14 novembre 2023; NDLR), j'étais invitée par un sénateur pour fêter sa réélection. À la base, c'était un restaurant, finalement dans l'après-midi, il y a eu un changement de lieu." Joël Guerriau lui a proposé en effet qu'elle le rejoigne à son domicile.

Sandrine Josso regarde le président rappeler les faits. Elle hoche la tête à certains moments, comme pour approuver le déroulé de la soirée. Elle est installée à droite.

Joël Guerriau, lui, se trouve à gauche. Pull noir sur le dos, l'homme est tourné vers le tribunal.

Joël Guerriau est à la barre. Il décline son identité. Le président fait un rappel des faits qui lui sont reprochés.

Pour mémoire, l'ex-sénateur est renvoyé devant le tribunal judiciaire pour "administration à une personne, à son insu, d'une substance de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes pour commettre un viol ou une agression sexuelle" et "détention illicite de stupéfiants". Des accusations qu'il réfute depuis le début de l'affaire.

L'audience est ouverte. Sandrine Josso est dans la salle, assise près de son avocat, Me Arnaud Godefroy. Elle porte une veste bleue sur un pull noir.

La députée et Joël Guerriau se tiennent debout et écoutent le président.

Joël Guerriau est arrivé dans la salle d'audience. Cheveux blancs, lunette sur le nez, il discute avec ses avocats. Il lance aussi un regard à l'assistance, les bras croisés.

Sandrine Josso, elle, n’est pas encore arrivée dans la salle d’audience où la presse est nombreuse sur les bancs.

L'audience s'ouvre à 13h30 au tribunal correctionnel de Paris. C'est la première fois que Joël Guerriau va être entendu sur les faits, réservant jusqu'alors sa parole pour le procès.

L'instruction a retenu la notion de volonté de viol ou d'agression sexuelle du fait du "cadre à tout le moins intimiste" du tête-à-tête et des recherches sur internet du sénateur, quelques semaines avant les faits, sur la drogue et le viol.

Sandrine Josso s'est exprimée dans plusieurs médias juste avant l'ouverture du procès, demandant notamment une "vraie politique d'État".

"Entre l'affaire Betharram, l'affaire Le Scouarnec, le procès Pelicot... Il faut une vraie politique d'État pour enrayer ces violences, par l'éducation", a-t-elle notamment déclaré auprès de franceinfo.

Deux ans après cette soirée de novembre 2023, Sandrine Josso était revenue sur la soumission chimique auprès de BFMTV en décembre dernier. "C'est une confiance trahie", exposait-elle.

La députée affirmait être "comme un sportif qui se prépare à une compétition" à quelques semaines de l'ouverture du procès. "Je souhaite faire en sorte que ce procès soit pédagogique. C'est ça qui m'anime, que l'on explique bien ce qu'est la soumission chimique, ce qu'elle induit", poursuivait-elle.

L'affaire avait généré des remous dans la classe politique. Une centaine d'élus avaient réclamé la démission du sénateur alors mis en examen dans ce dossier.

Joël Guerriau avait finalement annoncé démissionner de son mandat de sénateur en septembre dernier.

Joël Guerriau conteste depuis le début de l'affaire avoir intentionnellement fait ingérer de la MDMA à Sandrine Josso. Au cours de l'instruction, il avait évoqué un "acte d'inadvertance" pour justifier la présence de cette substance dans le verre de son invitée.

Selon son propos, cette poudre lui aurait été fournie par un collègue qui lui aurait vendu comme étant des "euphorisants contre l'angoisse".

Joël Guerriau expliquait être encore marqué par la mort de son chat, et avoir versé, la veille de la venue de la députée, la poudre dans l'une de ses coupes de champagne pour l'ingérer, avant de se raviser. Il poursuivait en affirmant avoir rangé cette coupe sans la nettoyer et l'avoir ressortie le lendemain.

La députée de Loire-Atlantique a déposé plainte en novembre 2023 contre Joël Guerriau qu'elle soupçonne de l'avoir droguée à son insu pour commettre une agression sexuelle ou un viol.

Ce soir-là, Joël Guerriau, qu'elle connaissait depuis une dizaine d'années, l'avait invitée chez lui dans son appartement parisien à célébrer sa réélection. Sandrine Josso s'était alors sentie mal et avait été prise de malaise et de sueurs froides après avoir bu plusieurs gorgées de champagne.

Elle était parvenue à quitter le domicile du sénateur puis elle s'était rendue à l'Assemblée nationale auprès de confrères. Une forte dose de MDMA avait été identifiée dans les analyses sanguines de la députée.

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur ce direct consacré au premier jour du procès de Joël Guerriau. L'ancien sénateur de Loire-Atlantique est jugé à partir d'aujourd'hui devant le tribunal de Paris.

Il est suspecté d'avoir drogué la députée Sandrine Josso afin de la violer en novembre 2023. Des accusations qu'il réfute depuis le début de l'affaire.