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Tuesday, 17 February 2026
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Le Calvaire de l'Enfant de Naples : Conflit Médical sur une Nouvelle Greffe Cardiaque et Enquête en Cours

Alors que l'enfant de deux ans lutte pour sa vie, les avis d

Le Calvaire de l'Enfant de Naples : Conflit Médical sur une Nouvelle Greffe Cardiaque et Enquête en Cours
7DAYES
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Italie - Agence de presse Ekhbary

Le Calvaire de l'Enfant de Naples : Conflit Médical sur une Nouvelle Greffe Cardiaque et Enquête en Cours

L'odyssée tragique d'un enfant de deux ans de Naples, dont la vie ne tient qu'à un fil après une greffe de cœur effectuée en décembre dernier avec un organe qui se serait avéré endommagé, est entrée dans une phase d'incertitude aiguë et d'angoisse profonde. La recherche d'un nouveau cœur, vitale pour sa survie, se heurte désormais à un dilemme médico-légal complexe, marqué par des opinions contradictoires d'éminents spécialistes et l'avancement d'une enquête judiciaire qui jette des ombres sur la procédure initiale.

Le jeune patient, atteint d'une grave cardiomyopathie dilatée qui, il y a encore quelques mois, lui permettait une vie relativement normale, est actuellement en coma pharmacologique, maintenu en vie grâce à une machine ECMO pour les fonctions cardiaques et pulmonaires extracorporelles. Son état, qualifié par l'hôpital de "stable dans un cadre de grave criticité", voit malheureusement une détérioration progressive des autres organes, rendant chaque décision extrêmement délicate et urgente.

Le nœud de l'affaire réside dans la divergence d'opinions entre deux des plus importantes structures pédiatriques italiennes. D'une part, les spécialistes de l'Hôpital Pédiatrique Bambino Gesù de Rome, consultés pour un second avis par l'Hôpital Monaldi de Naples (où l'enfant a été opéré et est toujours hospitalisé), ont exprimé une évaluation d'une extrême prudence. Selon les médecins romains, les conditions cliniques de l'enfant seraient désormais trop compromises pour qu'il puisse affronter une nouvelle intervention de re-greffe, hautement risquée. Cette position, si elle était confirmée, signifierait la fin de l'espoir pour la famille.

D'autre part, le personnel médical du Monaldi de Naples maintient l'enfant sur la liste des receveurs de greffe. Le médecin traitant, en particulier, estime que, malgré la gravité du tableau clinique, les conditions pour tenter une nouvelle opération existent encore. Cette divergence de vues ajoute une couche supplémentaire de complexité et de désespoir au calvaire de l'enfant et de ses proches, contraints de naviguer entre de faibles espoirs et la dure réalité d'un avenir incertain.

La mère de l'enfant, Patrizia Mercolino, incarne la force et la détermination d'une famille qui refuse d'abandonner. "C'est un guerrier. Et comme lui, je ne lâche rien. Un nouveau cœur doit arriver pour qu'il puisse rentrer à la maison", a-t-elle déclaré depuis l'hôpital, un cri de douleur et d'espoir qui a profondément résonné. Sa résilience a également été renforcée par la visite de solidarité du cardinal Domenico Battaglia, archevêque de Naples, un geste de proximité qui a apporté du réconfort dans un moment de souffrance indicible.

Parallèlement à la bataille médicale, une intense enquête judiciaire se déroule. Le Parquet de Naples a ouvert un dossier après la plainte déposée par la famille le 11 janvier. Six professionnels de la santé de l'hôpital napolitain ont été inscrits au registre des suspects pour lésions involontaires. Cela inclut des membres de l'équipe qui a effectué l'explantation de l'organe à Bolzano et de celle qui a réalisé la greffe à Naples.

L'avocat de la famille, Francesco Petruzzi, a soulevé des questions cruciales sur les modalités de la première intervention. L'avocat a demandé de vérifier les conditions de transport du cœur et, en particulier, pourquoi l'intégrité de l'organe n'a pas été vérifiée avant de procéder à l'opération. Un élément clé de l'enquête se concentre sur l'hypothèse que, au lieu de glace traditionnelle, de la glace carbonique aurait été utilisée pour le transport, atteignant des températures extrêmes (jusqu'à -75 degrés) qui auraient pu causer des dommages irréparables au cœur destiné à la greffe. Cette grave négligence, si elle était confirmée, aurait eu des conséquences dévastatrices pour le jeune patient.

L'avocat Petruzzi est retourné auprès des Carabiniers pour déposer une intégration à la plainte précédente de janvier, demandant un "incident probatoire" sur les dossiers cliniques et toute la documentation, y compris les procès-verbaux de l'équipe multidisciplinaire évaluant la santé de l'enfant. L'objectif est de faire toute la lumière sur chaque aspect de l'affaire et d'identifier d'éventuelles responsabilités.

Les institutions ont également agi. Le Ministère de la Santé et la Région Campanie ont envoyé des inspecteurs pour mener des vérifications approfondies. La direction de l'entreprise hospitalière a réitéré sa pleine collaboration avec les enquêteurs et les services d'inspection, dans le but de "clarifier ce qui s'est passé et d'identifier d'éventuelles responsabilités". Le gouverneur de Campanie, Roberto Fico, a qualifié l'affaire de "très douloureuse, terrible", tandis que le ministre de la Santé, Orazio Schillaci, a assuré un engagement total pour "faire la lumière".

L'attente est désormais tournée vers la réunion de l'équipe multidisciplinaire, prévue pour lundi, qui accompagne les chirurgiens cardiothoraciques et réévaluera la situation clinique complexe de l'enfant. Dans ce contexte d'incertitude médicale, légale et humaine, l'espoir d'une famille s'accroche à chaque infime possibilité, tandis que l'opinion publique suit avec un souffle coupé les développements d'une affaire qui interpelle profondément la conscience collective.

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