Mexique - Agence de presse Ekhbary
Le Congrès mexicain rejette une réforme électorale proposée par la présidente Sheinbaum, un revers rare
Dans un revers politique notable pour l'administration de la présidente Claudia Sheinbaum, la Chambre des députés du Mexique a voté contre un vaste projet de réforme électorale. Cette initiative, portée par le parti au pouvoir Morena, visait à remodeler en profondeur le système électoral du pays, mais elle n'a pas réussi à obtenir la majorité qualifiée des deux tiers indispensable pour toute modification constitutionnelle, malgré l'obtention d'une majorité simple.
Le décompte final a montré 259 voix pour et 234 voix contre, avec une seule abstention. Bien que le projet ait recueilli une majorité simple, le seuil constitutionnel des deux tiers (environ 333 voix sur 500) n'a pas été atteint. Cette défaite législative est considérée comme rare pour le gouvernement actuel et souligne les profondes divisions politiques au sein du Congrès mexicain concernant l'avenir du système électoral.
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La réforme, présentée fin février par Mme Sheinbaum, était présentée comme une mesure essentielle pour renforcer la démocratie, accroître la participation citoyenne et réduire les coûts des élections d'environ un quart. Parmi les propositions clés figuraient la réduction du nombre de sièges au Sénat et à la Chambre des députés, ainsi qu'un renforcement de la surveillance des organes électoraux. Un point particulièrement controversé concernait la modification du statut des députés dits "plurinominales", élus sur des listes proportionnelles en fonction du vote des partis. La réforme proposait que ces législateurs, qui représentent actuellement 200 des 500 sièves à la Chambre et 32 des 128 au Sénat, devraient désormais mener campagne pour être élus directement au suffrage populaire.
Au-delà de la structure du Congrès, le paquet de réformes s'attaquait également aux aspects financiers et opérationnels des partis politiques. Il prévoyait une réduction significative du financement public des partis, des limitations sur le temps d'antenne quotidien accordé aux campagnes électorales à la télévision et à la radio, l'obligation d'identifier les contenus générés par l'intelligence artificielle, l'interdiction des "bots" dans le discours politique, et l'instauration d'un plafonnement salarial pour les élus et les fonctionnaires électoraux, dont certains gains dépasseraient ceux de la Présidente. La réforme visait également à interdire la réélection consécutive à partir de 2030 et à simplifier le processus de vote pour les Mexicains résidant à l'étranger.
Les détracteurs de la réforme ont dénoncé une tentative du parti Morena de consolider son pouvoir, d'affaiblir les partis d'opposition et de saper l'indépendance des institutions électorales. Ils ont exprimé leurs craintes que la réduction du nombre de législateurs et du financement des partis ne porte atteinte au pluralisme politique et ne rende plus difficile la compétition pour les partis plus petits. L'incapacité à atteindre la majorité qualifiée suggère que l'opposition, ainsi que certains alliés traditionnels de la coalition de Sheinbaum tels que le Parti Vert et le Parti du Travail, n'ont pas apporté leur plein soutien à la proposition.
Les représentants du gouvernement ont justifié la réforme en soulignant les coûts considérables du système électoral mexicain. Pablo Gómez, chef de la commission de la réforme électorale, a indiqué que les coûts du système avaient atteint environ 3,55 milliards de dollars américains (équivalent à 18 milliards de pesos brésiliens à l'époque) en 2024. Ce chiffre a été comparé aux coûts estimés des élections brésiliennes de 2022 (environ 1,3 milliard de pesos brésiliens) et aux 5 milliards de pesos brésiliens distribués aux partis politiques via le fonds partisan au Brésil en 2024, afin de souligner ce qui était perçu comme une inefficacité du système mexicain.
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Le rejet de cette réforme constitue un coup dur pour l'agenda de la présidente Sheinbaum et pourrait signaler un parcours plus ardu pour ses futures initiatives législatives. Il met en lumière les dynamiques politiques complexes et le débat houleux entourant la gouvernance électorale au Mexique, soulignant la difficulté d'apporter des changements fondamentaux au cadre politique établi.