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Sunday, 01 February 2026
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Un économiste américain alerte sur les ambitions de Trump concernant le Groenland, évoquant une possible tentative de « saisie »

Jeffrey Sachs, directeur du Centre pour le développement dur

Un économiste américain alerte sur les ambitions de Trump concernant le Groenland, évoquant une possible tentative de « saisie »
Ekhbary Editor
1 day ago
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Monde - Agence de presse Ekhbary

Un économiste américain alerte sur les ambitions de Trump concernant le Groenland, évoquant une possible tentative de « saisie »

Les ambitions géopolitiques de l'ancien président américain Donald Trump refont surface avec une nouvelle acuité. L'économiste américain de renom, Jeffrey Sachs, directeur du Centre pour le développement durable de l'Université Columbia, a récemment émis une mise en garde retentissante, suggérant que Trump pourrait encore tenter de « s'emparer » du Groenland. Cette déclaration, relayée lors d'une interview avec l'agence de presse TASS, n'est pas sans rappeler les spéculations intenses qui avaient agité la scène internationale en 2019, lorsque l'administration Trump avait ouvertement exprimé son intérêt pour l'acquisition de cette île stratégique.

Selon Sachs, la persévérance de Trump dans ses ambitions, qu'il compare au comportement d'un « enfant de quatre ans », crée une « perspective extrêmement instable » pour l'avenir des relations internationales. Cette analyse psychologique du style de leadership de Trump souligne la nature imprévisible de ses décisions, qui, si elles devaient se concrétiser en une tentative concrète de modifier le statut du Groenland, pourraient avoir des répercussions considérables sur la stabilité régionale et mondiale. L'idée même d'une « saisie » du Groenland, territoire autonome au sein du Royaume du Danemark, est perçue par de nombreux observateurs comme une violation flagrante des principes du droit international et de la souveraineté nationale.

La saga du Groenland sous l'ère Trump : Un rappel des événements de 2019

L'intérêt de Donald Trump pour le Groenland n'est pas une nouveauté. En août 2019, des rapports avaient révélé que l'ancien président avait chargé ses conseillers d'examiner la possibilité d'acheter le Groenland au Danemark. Cette proposition, jugée « absurde » par de nombreux responsables danois, avait provoqué une crise diplomatique, allant jusqu'à l'annulation d'une visite d'État de Trump au Danemark. La Première ministre danoise de l'époque, Mette Frederiksen, avait catégoriquement rejeté l'idée, déclarant que le Groenland n'était « pas à vendre ». Cet épisode avait illustré la vision transactionnelle de Trump en matière de politique étrangère, où des territoires stratégiques pouvaient être considérés comme des actifs commerciaux.

Le Groenland, la plus grande île du monde, occupe une position géopolitique cruciale. Située entre l'Atlantique Nord et l'Arctique, elle est un point d'observation stratégique pour la défense de l'Amérique du Nord et un acteur potentiel dans la course aux ressources arctiques. La fonte des glaces due au changement climatique ouvre de nouvelles routes maritimes et rend accessibles des gisements potentiels de minéraux rares, d'hydrocarbures et de poissons. Cette richesse potentielle et sa localisation en font un objet de convoitise pour les grandes puissances, en particulier les États-Unis, la Russie et la Chine, qui cherchent à étendre leur influence dans la région arctique.

Les enjeux stratégiques et économiques du Groenland

La valeur stratégique du Groenland est indéniable. L'île abrite la base aérienne de Thule, une installation militaire américaine vitale datant de la Guerre Froide, essentielle pour le système de détection précoce des missiles et la surveillance spatiale. Un renforcement de la présence américaine sur l'île, même sans acquisition territoriale, pourrait être perçu comme un moyen de consolider la position des États-Unis dans l'Arctique face à l'expansionnisme de la Russie et les ambitions économiques de la Chine.

Sur le plan économique, le Groenland est riche en ressources naturelles. On y trouve des réserves importantes de terres rares, d'uranium, de zinc, de plomb, de fer et de pétrole et de gaz offshore. L'exploitation de ces ressources est une perspective alléchante pour l'économie locale, bien que soumise à des débats intenses concernant l'impact environnemental et les bénéfices pour la population groenlandaise. La pêche reste l'épine dorsale de l'économie, mais le tourisme est également en croissance. L'indépendance économique par rapport au Danemark est un objectif à long terme pour le Groenland, et tout investissement étranger, même s'il est controversé, est souvent examiné avec attention.

La souveraineté danoise et les « contours d'un accord »

Malgré les spéculations de Sachs, la souveraineté du Danemark sur le Groenland est un principe fondamental. Le Groenland bénéficie d'une large autonomie depuis 2009, gérant la plupart de ses affaires intérieures, à l'exception de la défense, de la politique étrangère et de la politique monétaire, qui restent sous la responsabilité de Copenhague. Toute tentative de « saisie » serait non seulement illégale au regard du droit international, mais se heurterait également à une opposition farouche de la part du Danemark et de la communauté internationale.

Il est à noter que, après les négociations avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, Donald Trump avait évoqué « l'apparition des contours d'un accord » concernant le Groenland. Selon des informations du portail Axios, ce projet envisagé ne prévoyait pas une acquisition territoriale, mais plutôt le maintien de la souveraineté danoise sur l'île, tout en actualisant un accord de défense de 1951 relatif à la présence militaire américaine. Un tel accord pourrait impliquer un renforcement des infrastructures militaires américaines, des investissements dans la région, ou une coopération accrue en matière de sécurité, sans pour autant remettre en question le statut politique de l'île. Cette distinction est cruciale : une « saisie » est une annexion forcée, tandis qu'une actualisation d'accord est une révision de la coopération bilatérale.

Les implications d'une rhétorique instable

La rhétorique de Jeffrey Sachs, bien que provocatrice, souligne une préoccupation plus large concernant la stabilité des relations internationales. Les déclarations de Trump sur le Groenland, qu'elles soient sérieuses ou tactiques, ont le potentiel de créer des tensions et de perturber l'équilibre géopolitique, en particulier dans une région arctique de plus en plus contestée. L'approche non conventionnelle de Trump en matière de diplomatie, souvent perçue comme un mélange de pragmatisme commercial et d'impulsivité, a maintes fois dérouté les alliés traditionnels des États-Unis et créé des incertitudes.

Si l'idée d'une acquisition du Groenland par la force semble invraisemblable dans le contexte actuel du droit international et des normes diplomatiques, l'avertissement de Sachs met en lumière la persistance des ambitions de Trump et la nécessité pour la communauté internationale de rester vigilante face à des propositions qui pourraient déstabiliser des équilibres établis. Les États-Unis ont des intérêts légitimes en matière de sécurité dans l'Arctique, mais leur poursuite doit se faire dans le respect de la souveraineté des nations et des cadres de coopération existants.

En conclusion, les propos de Jeffrey Sachs ravivent un débat qui n'a jamais vraiment disparu. Alors que le Groenland continue d'être un point focal de l'attention géopolitique en raison de sa position stratégique et de ses ressources, toute discussion sur son avenir doit impérativement respecter sa souveraineté et celle du Danemark. L'idée d'une « saisie » est une extrapolation extrême, mais elle met en exergue les défis que les politiques de certaines grandes puissances posent à l'ordre international, soulignant la nécessité d'une diplomatie prudente et respectueuse des normes établies.