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Monday, 02 February 2026
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Costa Rica : Laura Fernandez, conservatrice, remporte l'élection présidentielle

Une victoire populiste de droite qui place une femme à la tê

Costa Rica : Laura Fernandez, conservatrice, remporte l'élection présidentielle
Matrix Bot
3 hours ago
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Costa Rica - Agence de presse Ekhbary

Le Costa Rica penche à droite : Laura Fernandez élue présidente avec une plateforme axée sur la sécurité

San José, Costa Rica – Dans un tournant politique majeur pour l'Amérique centrale, le Costa Rica s'apprête à accueillir sa deuxième présidente, Laura Fernandez, suite à sa victoire lors des élections générales. Politicienne conservatrice et populiste, étroitement liée au président sortant Rodrigo Chaves, la victoire de Fernandez est perçue comme le reflet d'une montée des tendances de droite à travers l'Amérique latine, souvent stimulée par la frustration des électeurs face à la corruption et à l'escalade de la criminalité. Sa promesse centrale de campagne, celle d'instaurer des mesures strictes contre la criminalité liée à la drogue, semble avoir trouvé un écho considérable auprès de l'électorat.

Les résultats préliminaires du Tribunal Électoral Suprême (TSE), avec 94% des bulletins dépouillés, indiquent que Fernandez a recueilli près de la moitié des suffrages exprimés, dépassant ainsi largement le seuil de 40% nécessaire pour éviter un second tour. Elle a obtenu 48,3% des voix, se positionnant ainsi pour devenir la prochaine dirigeante du pays. Au-delà de la présidence, le parti de Fernandez, le Parti du Peuple Souverain (Partido Soberano Popular), devrait également remporter une majorité confortable à l'Assemblée Législative de 57 sièges, avec une projection de 30 sièges, une augmentation significative par rapport à ses huit sièges actuels. Cette domination législative devrait permettre à Fernandez de mettre en œuvre son programme politique plus efficacement.

Le paysage électoral a vu les autres principaux candidats accuser un retard important par rapport à Fernandez. L'économiste Alvaro Ramos a reçu environ un tiers des voix, tandis que l'architecte et ancienne Première dame Claudia Dobles n'a recueilli que moins de 5% des suffrages. Cet écart considérable dans les résultats souligne l'attrait exercé par Fernandez auprès des électeurs préoccupés par la sécurité et l'avenir économique de la nation.

Le triomphe de Fernandez est emblématique d'un réalignement politique plus large en cours en Amérique latine. Des élections récentes dans des pays tels que le Chili, la Bolivie, l'Argentine et le Honduras ont également vu des partis conservateurs gagner du terrain, souvent propulsés par la colère populaire face aux échecs de gouvernance et à la criminalité persistante. Le Costa Rica, historiquement salué pour sa stabilité démocratique et ses traditions pacifiques dans une région parfois tumultueuse, est aujourd'hui confronté à son rôle de plaque tournante du trafic de drogue international. Cela a entraîné une augmentation spectaculaire de la violence, le taux de meurtre ayant grimpé de 50% au cours des six dernières années pour atteindre 17 décès pour 100 000 habitants, en grande partie attribuée aux conflits territoriaux entre les cartels mexicains et colombiens.

Fernandez, décrite comme une protégée et ancienne cheffe de cabinet du président sortant Chaves, s'est engagée à maintenir ses politiques de sécurité rigoureuses. Son programme inclut la possibilité d'intégrer l'ancien président populaire dans son gouvernement, en capitalisant sur sa base de soutien. La loi costaricienne interdit actuellement à Chaves de briguer un nouveau mandat avant qu'une période de huit ans hors du pouvoir ne soit écoulée.

Dans son discours de victoire, Fernandez a déclaré que les changements à venir seraient "profonds et irréversibles", signalant son intention d'inaugurer une "nouvelle ère politique" pour le Costa Rica. Elle a invoqué le concept de construction de la "troisième république", positionnant l'ère actuelle comme une rupture avec la "deuxième république" post-guerre civile établie en 1948. Elle s'est également engagée à "lutter sans relâche" pour garantir que le Costa Rica reste sur la voie de la "croissance économique, de la liberté et, surtout, du progrès de son peuple". Tout en promettant de respecter la constitution, son accession au pouvoir a également suscité des discussions et une certaine appréhension quant à d'éventuelles tentatives futures de modification des limites de mandats présidentiels.

La question primordiale qui a motivé le succès électoral de Fernandez était la préoccupation généralisée concernant la criminalité. Les sondages indiquaient constamment que la criminalité et la sécurité étaient les principales priorités pour les 3,7 millions d'électeurs costaricains éligibles. Fernandez a ouvertement exprimé son admiration pour la stratégie adoptée par le président salvadorien Nayib Bukele et son intention de l'imiter. L'approche de Bukele, caractérisée par la détention de milliers de membres présumés de gangs sans inculpation immédiate, est créditée d'une réduction significative des taux de criminalité au Salvador, bien qu'elle ait également suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits de l'homme concernant la procédure régulière et les libertés civiles.

Historiquement, seule une femme, Laura Chinchilla (présidente de 2010 à 2014), avait occupé la présidence au Costa Rica, un pays d'environ 5 millions d'habitants. L'élection de Fernandez marque non seulement un changement politique significatif vers la droite, mais aussi un moment notable pour le leadership féminin, bien que sous une bannière conservatrice fortement axée sur la sécurité.

Le défi crucial pour la présidente élue Fernandez sera de trouver un équilibre délicat entre la mise en œuvre de ses réformes de sécurité promises et la protection des institutions démocratiques et du bilan en matière de droits de l'homme du Costa Rica. S'attaquer aux facteurs économiques et sociaux sous-jacents contribuant à la criminalité sera également crucial pour le succès à long terme de son administration et le progrès durable de la nation.

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