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Sunday, 21 June 2026
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Des manifestants anti-ICE lancent un boycott technologique et IA d'un mois

Le mouvement "Résister et se désabonner" cible les entrepris

Des manifestants anti-ICE lancent un boycott technologique et IA d'un mois
عبد الفتاح يوسف
4 months ago
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États-Unis - Agence de presse Ekhbary

Des manifestants anti-ICE lancent un boycott technologique et IA d'un mois

Quelques jours seulement après une grève générale nationale visant à protester contre la répression brutale de l'immigration menée par l'administration Trump, un nouveau mouvement de grève économique coordonné et plus long a vu le jour. Ce boycott, baptisé "Résister et se désabonner" (Resist and Unsubscribe), s'étend sur un mois complet et cible principalement les entreprises technologiques et d'intelligence artificielle (IA). L'initiative vise à utiliser le pouvoir économique et politique concentré de ces géants pour faire pression sur les décisions politiques.

Scott Galloway, professeur de marketing à la NYU Stern et figure de proue de ce mouvement, décrit cette action comme "l'acte le plus radical dans une société capitaliste : la non-participation". Dans une vidéo de promotion du boycott, il a déclaré : "L'administration Trump ne répond pas à l'indignation ; elle répond aux signaux économiques." Cette déclaration souligne la conviction que l'impact financier direct est le levier le plus efficace pour obtenir des changements sous l'administration actuelle.

Le mouvement a identifié dix entreprises de technologie et d'IA, dont le modèle économique repose sur l'abonnement, qu'il estime détenir une influence démesurée tant sur le président Trump que sur l'économie américaine. La liste comprend des acteurs majeurs tels qu'Amazon, Apple, Google, Microsoft, Paramount+, Uber, Netflix, X (anciennement Twitter), Meta (anciennement Facebook) et OpenAI. Ce choix stratégique se concentre sur les plateformes utilisées quotidiennement par un large public et jouant un rôle clé dans la diffusion de l'information et la dynamique du marché.

Galloway a également souligné l'importance économique de ces entreprises dans un article de blog : "L'économie américaine est un pari énorme sur l'IA, avec sept entreprises technologiques représentant plus d'un tiers du S&P 500. Cela signifie que la meilleure façon d'initier un changement positif, sans nuire aux consommateurs, est de mener une grève économique que les PDG de la tech ne peuvent ignorer." Ces chiffres mettent en évidence la capitalisation boursière substantielle et le poids économique de ces sociétés, les rendant potentiellement vulnérables à une action concertée des consommateurs.

Au-delà de leur puissance économique, ces géants de la technologie bénéficient d'un accès sans précédent à la présidence et influencent les politiques de son administration. Les intérêts de la Silicon Valley ont notamment façonné l'approche de Trump en matière de commerce et de réglementation. Un exemple de cette influence est sa décision de renoncer à augmenter la présence des forces fédérales à San Francisco, une décision qu'il aurait reconsidérée après avoir discuté avec des dirigeants technologiques comme Jensen Huang, PDG de Nvidia, et Marc Benioff, PDG de Salesforce.

La complicité de certaines entreprises technologiques avec le programme d'immigration de l'administration a également été une source de controverse. En octobre, Apple a accédé à la demande de l'alors procureure générale Pam Bondi de supprimer une application permettant de suivre les activités de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE). De plus, Palantir a développé une plateforme de surveillance sophistiquée de 30 millions de dollars pour l'ICE, soulevant des préoccupations éthiques quant au rôle de la technologie dans l'application des lois sur l'immigration.

Conscients de cette influence, de nombreux travailleurs du secteur technologique ont exprimé leur mécontentement. Un nombre important d'employés ont signé une lettre ouverte exhortant les dirigeants de leurs entreprises à condamner publiquement les politiques d'immigration, à rompre tous les contrats avec l'ICE et à exiger la fin de la répression menée par la Maison Blanche. Suite à la publication de cette lettre, le PDG d'Apple, Tim Cook, aurait informé ses employés qu'il avait abordé la question avec le président Trump, indiquant que des discussions internes avaient lieu, bien que leur impact final reste incertain.

Dans le cadre de la campagne "Résister et se désabonner", les participants s'engagent à annuler leurs abonnements payants aux services offerts par les dix entreprises ciblées tout au long du mois de février. Cela inclut des services tels qu'Amazon Prime, Uber One, ChatGPT Plus, les abonnements Microsoft Office et YouTube Premium. Les organisateurs encouragent également le boycott des achats de matériel Apple jusqu'en mars et recommandent la suppression des plateformes Meta comme WhatsApp et Facebook. Bien qu'Instagram sera utilisé pour diffuser le message du boycott, il est conseillé aux utilisateurs de ne pas cliquer sur les publicités ou les liens d'achat rencontrés sur la plateforme.

Ce boycott intervient à un moment critique, alors que l'examen du rôle des grandes entreprises technologiques dans le façonnement du discours politique et l'influence sur la politique gouvernementale s'intensifie. Le mouvement "Résister et se désabonner" représente une tentative audacieuse de la part des militants d'exploiter le pouvoir collectif des consommateurs comme outil de responsabilisation, contestant ainsi l'influence immense exercée par les géants de la technologie qui sont devenus profondément ancrés dans le tissu de la société moderne.

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