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Sunday, 12 July 2026
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Guerre en Ukraine : L'Allemagne refuse de livrer les missiles Taurus, une décision qui déplaît à Kiev

Le Chancelier Merz invoque un contexte différent et l'autosu

Guerre en Ukraine : L'Allemagne refuse de livrer les missiles Taurus, une décision qui déplaît à Kiev
عبد الفتاح يوسف
2026-03-26 04:08
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Allemagne - Agence de presse Ekhbary

Guerre en Ukraine : L'Allemagne refuse de livrer les missiles Taurus, une décision qui déplaît à Kiev

Dans un développement potentiellement décevant pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui sollicite activement des armements de pointe pour soutenir l'effort de défense de son pays face à l'invasion russe, le Chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré mercredi que l'Allemagne ne jugeait plus nécessaire d'expédier ses missiles de croisière Taurus à longue portée. Cette position, qui met un terme à des mois de débats intenses à Berlin, repose sur une réévaluation de la situation stratégique et des capacités ukrainiennes.

La question de la livraison des missiles Taurus a constitué un point de friction et de discussion majeur au sein de la classe politique allemande. Si Kiev a exprimé un besoin pressant pour ces missiles afin de pouvoir mener des frappes précises sur des cibles stratégiques situées en profondeur derrière les lignes ennemies, le gouvernement allemand s'est montré réticent à s'engager publiquement dans cette voie. Cette prudence est largement motivée par la crainte d'une escalade des tensions avec la Russie, une puissance nucléaire dotée d'une capacité de dissuasion considérable. La politique allemande vis-à-vis du conflit ukrainien est caractérisée par une volonté d'éviter une confrontation directe avec Moscou, tout en maintenant un soutien substantiel à l'Ukraine.

Fait notable, le Chancelier Friedrich Merz, qui avait par le passé soutenu l'idée d'une livraison de ces missiles lorsqu'il était dans l'opposition, a opéré un revirement significatif depuis son entrée en fonction en mai dernier. Interrogé par des députés au Bundestag mercredi, il a expliqué que ses déclarations antérieures s'inscrivaient dans un "contexte différent". À l'époque, il "supposait que la Bundeswehr disposait d'un nombre suffisant de missiles de croisière Taurus opérationnels dans ses stocks pour pouvoir approvisionner l'Ukraine". Il a souligné que la situation avait évolué depuis.

Merz a également suggéré que les avancées de l'Ukraine dans le développement de ses propres systèmes d'armes à longue portée ont rendu le débat sur les missiles Taurus moins pertinent. "Aujourd'hui, l'Ukraine dispose elle-même dans ses dépôts d'armes à longue portée qu'elle a construites elle-même – en partie avec notre aide – et qui sont nettement plus efficaces que le nombre relativement restreint de missiles de croisière Taurus que nous aurions pu livrer", a-t-il affirmé. Cette analyse met en lumière une confiance croissante dans l'industrie de défense ukrainienne et sa capacité à produire des armements performants.

Cependant, le dirigeant allemand a reconnu que malgré le fait que l'Ukraine soit "mieux armée aujourd'hui que jamais auparavant", elle fait face à "des difficultés considérables en matière de financement". Il a insisté sur la nécessité impérative de "mobiliser des fonds pour l'Ukraine" afin d'assurer la continuité de la production de ces armes nationales. Cet aspect financier prend une importance accrue, surtout après la réduction significative du soutien américain l'année dernière sous l'administration Trump. Face à ce changement, l'Allemagne a renforcé son rôle de soutien principal pour Kyiv, augmentant considérablement son aide militaire.

Berlin s'est engagé à fournir 11,5 milliards d'euros d'aide jusqu'en 2026, incluant des systèmes essentiels tels que les défenses aériennes Iris-T et les batteries Patriot. Cet engagement témoigne du rôle croissant de l'Allemagne dans la sécurité européenne et de ses efforts pour compenser les fluctuations du soutien international. Néanmoins, la décision de ne pas livrer les missiles Taurus marque une limite claire quant au niveau d'implication directe de l'Allemagne dans le conflit, privilégiant une approche d'aide militaire plus durable et diversifiée. Le débat en cours illustre la complexité des calculs géopolitiques liés au soutien de l'Ukraine face à un adversaire nucléaire.

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