Ekhbary
Wednesday, 28 January 2026
Breaking

John Bolton critique la politique étrangère de Trump et l'Ukraine

John Bolton critique la politique étrangère de Trump et l'Ukraine
Ekhbary Editor
10 hours ago
25

FRANCE - Agence de Presse Mondiale

L'ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, a vivement critiqué la politique étrangère de Donald Trump, en particulier concernant le conflit en Ukraine. Selon Bolton, les approches de l'ancien président américain pourraient compromettre la sécurité à long terme et favoriser les intérêts russes.

Dans un entretien, Bolton, 77 ans, qui a servi tous les présidents républicains depuis Ronald Reagan et a été conseiller de Trump pendant 17 mois, a exprimé ses doutes sur l'idée d'un accord de paix rapide entre la Russie et l'Ukraine, tel que souhaité par Donald Trump. Il qualifie cette ambition d'« une autre date limite de Trump », visant principalement le Prix Nobel de la Paix, sans réelle considération pour les termes de l'accord.

Bolton estime que les concessions faites par l'Ukraine et ses alliés européens sont une erreur stratégique majeure. Elles risquent de ne pas freiner les ambitions russes à l'avenir, créant un précédent dangereux pour de potentielles invasions futures.

John Bolton met en garde contre l'illusion de sécurité

L'ancien haut fonctionnaire américain s'inquiète des discussions autour d'éventuelles élections en Ukraine et d'une ligne de cessez-le-feu le long du front actuel. Il considère surtout que renoncer à l'adhésion à l'OTAN en échange de « fortes garanties de sécurité » est une grave erreur. Bolton souligne l'inconstance de Trump concernant l'Article 5 de l'OTAN, rendant toute promesse de sécurité hors de ce cadre peu fiable.

  • Les concessions ukrainiennes pourraient inclure des élections anticipées et l'acceptation de la ligne de front actuelle.
  • Le renoncement à l'adhésion à l'OTAN est perçu comme une erreur stratégique majeure par Bolton.
  • La fiabilité de Trump sur les garanties de sécurité est remise en question, notamment après son comportement vis-à-vis de l'Article 5 de l'OTAN.

Quant à l'idée que l'Ukraine cède du territoire, Bolton est catégorique. Il pense qu'une fois la Russie en possession de 20% du territoire ukrainien, il est peu probable qu'elle le rende. Un cessez-le-feu le long de la ligne de front actuelle ne ferait que donner du temps à Poutine pour reconstruire son économie, son armée et sa flotte de la mer Noire, profitant ainsi à la Russie.

Bolton rejette également l'idée que Poutine n'accepterait qu'une capitulation complète de l'Ukraine. Il estime que le président russe accepterait un accord avec suffisamment de concessions pour ne pas être "ridiculisé" par Trump, utilisant cette pause pour ses propres intérêts.

La relation Trump-Poutine sous la loupe

L'ancien conseiller a une explication claire de la proximité entre Trump et Poutine :

  • Trump admire les figures autoritaires comme Poutine, Xi Jinping, Recep Tayyip Erdoğan ou Kim Jong Un.
  • Poutine, grâce à sa formation au KGB, a identifié et exploité les faiblesses de Trump, qu'il considérait comme un « idiot utile » selon la terminologie léniniste.
  • Après chaque échange avec Poutine, Trump a tendance à se rapprocher de la position russe, illustrant cette manipulation.

Bolton ne voit pas de preuves d'un « matériel compromettant » détenu par Poutine sur Trump, mais souligne plutôt le manque de « théorie stratégique » ou de « philosophie politique » chez l'ancien président américain, le rendant vulnérable aux manipulations russes.

Concernant la nouvelle stratégie de sécurité de la Maison Blanche, qui dépeint l'Europe comme le véritable adversaire de l'Amérique, et non la Russie ou la Chine, Bolton doute que Trump ait même lu un tel document. Il y voit une vision stratégiquement arriérée, même s'il a lui-même été un critique de longue date de l'Union européenne. L'idée d'une « effacement civilisationnel » en Europe et d'une intervention américaine pour installer des gouvernements alignés sur l'administration Trump ne trouve, selon lui, que peu d'écho au sein du mouvement MAGA.

Les avertissements de John Bolton mettent en lumière les dangers perçus d'une politique étrangère guidée par des intérêts personnels et un manque de vision stratégique, en particulier dans un contexte géopolitique aussi complexe que le conflit ukrainien et les relations avec les grandes puissances.

Agence de Presse Mondiale