اخباری
Thursday, 29 January 2026
Breaking

Un nouveau fossile humain bouleverse tout ce que l’on croyait savoir sur nos origines

Un nouveau fossile humain bouleverse tout ce que l’on croyait savoir sur nos origines
Ekhbary Editor
5 hours ago
13

Nous autres, Homo sapiens, sommes les survivants d’un buisson foisonnant d’espèces oubliées. Australopithecus deyiremeda, découverte en 2015, était l’une d’entre elles et elle vivait à la même époque que la célèbre Lucy. Le trône de notre ancêtre unique vacille !

Jusque dans les années 1980 l’évolution humaine nous a été enseignée et vulgarisée comme une ligne droite ou une file indienne. On appelle cette image l’orthogenèse : l’idée que l’évolution avait un but (nous) et qu’une espèce remplaçait proprement la précédente. Une vision qui a commencé à être déconstruite dès 1995, avec la découverte d’ Australopithecus bahrelghazali au Tchad, puis en 2001, au Kenya, avec Kenyanthropus platyops.

Ces découvertes suggéraient déjà que Lucy, notre célèbre ancêtre de l’espèce Australopithecus afarensis découverte en 1974, n’était pas l’unique souveraine de son époque et encore moins notre seule aînée. Elle est pourtant restée, dans l’imaginaire collectif et dans l’esprit du grand public, la mère de l’humanité, et ce, bien après les années 2000. Mais encore récemment, une question restait en suspens dans les arcanes de la paléoanthropologie : ces espèces n’étaient-elles pas simplement des variantes géographiques éloignées ?

Une étude publiée le 25 novembre 2025 dans la revue Nature, est venue enfin compléter le portrait d’un de nos ancêtres de l’espèce Australopithecus deyiremeda. En analysant de nouveaux restes dentaires et les restes d’un pied exhumés sur le site de Woranso-Mille en Éthiopie, une équipe, dirigée par Yohannes Haile-Selassie (paléoanthropologue éthiopien de renom) a démontré que le Triangle de l’Afar bouillonnait de diversité, abritant des lignées d’hominines aux destins et aux anatomies radicalement opposés. Après la classification de Little Foot, voilà une découverte qui clôt deux années d’un cru exceptionnel pour la paléoanthropologie !

La star incontestée de cette étude, c’est le spécimen BRT-VP-2/73, le pied exhumé lors des fouilles, baptisé pied de Burtele. Ce fossile a été un véritable casse-tête depuis sa découverte en 2009 : son anatomie était trop divergente de celle d’Australopithecus afarensis (l’espèce de Lucy) pour lui être associée, mais sans autres restes fossiles, il était impossible de définir le nom de son propriétaire dans l’arbre généalogique.

La situation s’est débloquée grâce à la découverte, dans la même couche de roche et à quelques mètres seulement, de mâchoires et de dents aux caractéristiques uniques. En identifiant formellement ces restes dentaires comme appartenant à Australopithecus deyiremeda, l’équipe de Yohannes Haile-Selassie a pu, par association directe, rattacher ce pied orphelin à cette espèce.

Alors que la sélection naturelle avait favorisé chez Lucy une voûte plantaire plus rigide, adaptée à la marche bipède terrestre, A. deyiremeda présentait une spécialisation différente, conservant des traits plus ancestraux. Son pied possède un gros orteil (le hallux) très mobile, qui pouvait certainement saisir des supports à la manière des grands singes actuels. Une morphologie primitive, mais qui constituait un avantage évolutif dans l’écosystème où il évoluait.

En analysant les articulations métatarsophalangeuses, les chercheurs ont mis en évidence que si cet hominine pratiquait la marche debout, il était aussi très à l’aise dans les arbres, contrairement à Lucy. Il passait certainement une partie de ses journées dans la canopée pour se nourrir ou de se réfugier, quand ses cousins Australopithecus afarensis étaient plutôt cloués au sol.

Le cas Australopithecus deyiremeda imposera forcément aux paléoanthropologues une révision des arbres phylogéniques qui ont mené à l’espèce humaine actuelle. Si deux espèces aussi différentes coexistent au même endroit, laquelle est notre ancêtre direct ? S’il fallait encore une preuve que l’évolution, tant animale qu’humaine, est une mosaïque plutôt qu’une ligne droite, en voilà une nouvelle, et elle est indiscutable. Nous sommes probablement les héritiers d’un mélange de différents ADN, un complexe réseau d’hybridations ou de sélections opportunistes, où la diversité était la règle d’or. Derniers passagers chanceux d’un patrimoine commun bâti dans la promiscuité du Triangle de l’Afar, nous devons accepter l’idée qu’Homo sapiens n’est qu’une branche du buisson éthiopien parmi tant d’autres. Branche qui sera, elle aussi, élaguée comme toutes avant elles ; mais ça, c’est une autre histoire !

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.