Ekhbary
Sunday, 01 February 2026
Breaking

La routine carcérale de Jair Bolsonaro à Papudinha : entre activités physiques, suivi médical et l'absence notable de lecture, selon un rapport du STF

Un rapport détaillé de la Police Militaire du District Fédér

La routine carcérale de Jair Bolsonaro à Papudinha : entre activités physiques, suivi médical et l'absence notable de lecture, selon un rapport du STF
Ekhbary Editor
1 day ago
78

France - Agence de presse Ekhbary

La routine carcérale de Jair Bolsonaro à Papudinha : entre activités physiques, suivi médical et l'absence notable de lecture, selon un rapport du STF

Un rapport détaillé et très attendu, émanant de la Police Militaire du District Fédéral (PMDF) et transmis au Suprême Tribunal Fédéral (STF) du Brésil, a levé le voile sur la routine quotidienne de l'ancien président Jair Bolsonaro au sein de l'établissement de Papudinha, où il est actuellement détenu. Ce document, sollicité par le ministre Alexandre de Moraes, rapporteur de l'exécution pénale, offre un aperçu inédit des conditions de détention de l'ancien chef d'État, révélant des aspects de son régime carcéral qui suscitent l'attention tant sur le plan judiciaire que politique.

Le rapport couvre la période du 15 au 27 janvier, fournissant une chronologie précise des activités de Bolsonaro. Parmi les éléments saillants, on note une routine axée sur l'activité physique et un suivi médical rigoureux, mais également une absence frappante d'engagement dans la lecture, un détail qui pourrait avoir des implications significatives sur sa situation pénale. L'analyse de ce document offre une fenêtre sur la vie d'un homme qui a marqué la politique brésilienne, désormais confronté aux rigueurs (relatives) du système judiciaire.

Une Détention Sous Surveillance : Le Cadre de Papudinha

Jair Bolsonaro a été transféré à Papudinha le 15 janvier, venant de la Surintendance de la Police Fédérale à Brasília. L'établissement, bien que carcéral, offre des conditions de détention qui tranchent avec l'image stéréotypée des prisons brésiliennes. Selon le rapport, Bolsonaro occupe une cellule d'une superficie totale de 64,83 m², équipée d'une salle de bain, d'une cuisine, d'une buanderie, d'une chambre, d'un salon et d'une zone extérieure. Ces aménagements, relativement confortables pour une détention, soulignent le statut particulier de l'ancien président et les mesures prises pour sa sécurité et son bien-être, tout en respectant les protocoles de confinement.

Le rapport de la PMDF, consolidé à partir des registres administratifs et opérationnels du Núcleo de Custódia, détaille méticuleusement chaque aspect de son quotidien. Cette surveillance constante et la consignation de chaque activité visent à garantir la transparence du processus et à fournir au STF des informations objectives pour les décisions futures, notamment concernant la demande d'assignation à résidence.

Entre Activité Physique et Suivi Médical Quotidien

L'un des aspects les plus documentés de la routine de Bolsonaro est son engagement envers l'activité physique. Durant la période observée, l'ancien président a totalisé plus de cinq heures de marche. Les registres indiquent des promenades variées en durée, allant de neuf minutes (le 17 janvier, de 10h45 à 10h54) à une heure et quinze minutes (le même jour, de 17h45 à 19h). Cette régularité dans l'exercice physique suggère une volonté de maintenir sa forme physique et mentale, essentielle en période de détention.

Parallèlement, le suivi médical est une composante quotidienne et primordiale de sa détention. Des professionnels de la Secrétariat de Santé du District Fédéral, ainsi que son équipe médicale privée, assurent des consultations journalières. Ces soins ne se limitent pas à des interventions en cas de malaise, mais consistent en des évaluations de routine axées sur le « monitoring général de l'état de santé du détenu, couvrant principalement la mesure des signes vitaux ». Des indices tels que la pression artérielle, la fréquence cardiaque et la saturation périphérique en oxygène sont régulièrement analysés, complétés par une « évaluation clinique sommaire et un suivi préventif ». Ce niveau de prise en charge médicale est conforme aux exigences pour les détenus de haut profil, assurant un contrôle constant de sa santé.

En complément de ces activités, Bolsonaro a également bénéficié de cinq séances de physiothérapie (les 17, 19, 22, 24 et 26 janvier), probablement pour des problèmes de santé préexistants ou pour maintenir sa mobilité.

Vie Sociale et Spirituelle : Visites et Assistance Religieuse

Malgré la nature de sa détention, Jair Bolsonaro n'est pas totalement isolé. Outre les avocats et les médecins qui jouissent d'un accès libre, il a reçu la visite de membres de sa famille. L'ancienne première dame Michelle Bolsonaro et son fils, l'ex-conseiller municipal Carlos Bolsonaro, ont été les seuls membres de la famille à lui rendre visite pendant cette période. Ces visites, bien que restreintes, sont cruciales pour le moral du détenu et le maintien des liens familiaux.

L'assistance religieuse a également fait partie de sa routine. L'ancien président a reçu deux fois le service de capelania, assuré par le pasteur Thiago Manzoni, député du District pour le PL, les 20 et 27 janvier. Cette dimension spirituelle est souvent un pilier de soutien pour les personnes en détention, offrant réconfort et perspective.

L'Absence Remarquée de Lecture : Une Implication Pénale

Le détail le plus frappant et potentiellement le plus lourd de conséquences pour Jair Bolsonaro est l'affirmation du rapport selon laquelle il n'a lu « aucun livre » durant la période observée. Cette information est cruciale car, selon la législation brésilienne, la lecture de livres et la rédaction de rapports de lecture peuvent garantir une « remição » (réduction) de peine. Bolsonaro a été condamné à 27 ans et trois mois de prison, et chaque jour de lecture validé pourrait potentiellement réduire sa sentence. L'absence de cette activité, volontaire ou non, soulève des questions sur sa stratégie de défense ou son état d'esprit.

Cette non-lecture pourrait être interprétée de différentes manières : un manque d'intérêt personnel, une forme de protestation silencieuse contre sa détention, ou simplement une concentration sur d'autres aspects de sa défense et de son bien-être. Quoi qu'il en soit, ce fait est une particularité notable dans le rapport et pourrait être un point de discussion lors de futures délibérations judiciaires.

Le Rapport de la PF et l'Avenir Judiciaire

Le rapport de la PMDF intervient dans un contexte judiciaire complexe. Le document mentionne que Bolsonaro a été soumis à une expertise de la Police Fédérale (PF) le 20 janvier. Ce rapport d'expertise est essentiel car il doit servir de base à la décision du ministre Alexandre de Moraes concernant la demande d'assignation à résidence de l'ancien président. Cependant, le rapport de la PF n'avait pas encore été joint au dossier au moment de la publication des données par la PMDF. Le délai de cette pièce maîtresse maintient en suspens une décision cruciale pour l'avenir immédiat de Bolsonaro.

L'assignation à résidence est une mesure souvent accordée sous certaines conditions, notamment de santé ou de sécurité, ou en fonction de la nature de l'infraction et du profil du détenu. La décision de Moraes sera scrutée de près par l'opinion publique et la classe politique, car elle pourrait redéfinir les modalités de la détention de Bolsonaro.

Implications Politiques et Perspectives pour 2026

Au-delà des aspects strictement judiciaires, la détention de Jair Bolsonaro et les rapports sur sa routine ont des répercussions politiques. La visite du gouverneur de São Paulo, Tarcísio de Freitas, le 29 janvier, est un exemple éloquent de ces dynamiques. Ce geste est interprété comme une tentative de réconciliation et de réaffirmation des liens avec le « clan familial » et la base politique de Bolsonaro, après une période de tensions notamment autour de l'indication du sénateur Flávio Bolsonaro (PL-RJ) comme potentiel candidat de la droite pour l'élection présidentielle de 2026.

La situation de Bolsonaro reste un point focal pour la droite brésilienne. Son emprisonnement, qu'il soit perçu comme une persécution politique par ses partisans ou une juste application de la loi par ses détracteurs, continue d'influencer le paysage politique. Les décisions du STF, en particulier celles du ministre Alexandre de Moraes, sont d'une importance capitale non seulement pour Bolsonaro lui-même, mais aussi pour la trajectoire politique du Brésil dans les années à venir.

En conclusion, le rapport de la PMDF offre une image nuancée de la détention de Jair Bolsonaro, soulignant des aspects de sa routine qui reflètent à la fois les protocoles de sécurité, les considérations de santé et les subtilités de la législation pénale. L'absence de lecture, les visites familiales et le suivi médical quotidien dessinent le portrait d'un ancien chef d'État dont le quotidien en prison est loin d'être anodin, et dont chaque détail est potentiellement porteur de significations politiques et judiciaires profondes. L'attente du rapport de la PF et de la décision de Moraes sur l'assignation à résidence maintient le suspense autour de cette figure controversée de la politique brésilienne.