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La flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran pourrait renforcer la position du Canada dans les négociations de l'ACEUM, selon les experts

Comment les crises géopolitiques remodèlent la dynamique com

La flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran pourrait renforcer la position du Canada dans les négociations de l'ACEUM, selon les experts
عبد الفتاح يوسف
2026-03-13 19:09
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États-Unis/Canada - Agence de presse Ekhbary

La flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran pourrait renforcer la position du Canada dans les négociations de l'ACEUM, selon les experts

Au milieu de l'escalade du conflit au Moyen-Orient et de ses répercussions sur les marchés mondiaux, les analystes suggèrent que le Canada pourrait se retrouver dans une position de négociation inopinément plus forte lors de l'examen obligatoire de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Les perturbations géopolitiques, en particulier celles découlant de la guerre en Iran et de la flambée des prix des matières premières critiques comme le pétrole et les engrais, redéfinissent les priorités stratégiques de Washington, déplaçant potentiellement l'attention des tarifs protectionnistes vers la sécurisation de partenaires d'approvisionnement fiables.

L'intensification des tensions au Moyen-Orient, exacerbée par la guerre en Iran, a provoqué des perturbations importantes dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. Cela a notamment eu un impact sur les prix du pétrole brut et du gaz naturel, suite à des événements récents qui ont effectivement entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz – une voie navigable vitale par laquelle transite habituellement un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole. Les répercussions, cependant, s'étendent au-delà de l'énergie ; les intrants d'engrais et la potasse ont également connu de fortes augmentations de prix, soulevant de sérieuses préoccupations pour les agriculteurs américains à quelques semaines de la saison des semis.

Dans ce paysage en évolution, les experts soulignent un pivot potentiel dans l'approche des États-Unis envers leurs partenaires commerciaux. Fen Osler Hampson, professeur d'affaires internationales à l'Université Carleton, explique : « Si vous êtes à Washington et que vous voyez ce qui se passe sur les marchés mondiaux, vous allez regarder vos producteurs et fournisseurs sécurisés peut-être un peu différemment de la façon dont vous... les auriez regardés avant le début du conflit, où l'attention était uniquement portée sur les tarifs. » Ce changement positionne le Canada, en tant que fournisseur majeur de pétrole, de potasse et d'aluminium, comme un atout stratégique indispensable.

Historiquement, les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont été caractérisées par des frictions sous l'administration précédente, marquées par des tarifs et des appels répétés à l'annexion du Canada. L'ancien président Donald Trump a notamment qualifié le premier ministre canadien Mark Carney de « gouverneur » dans un message sur les réseaux sociaux, soulignant un ton conflictuel. Cependant, la nouvelle réalité imposée par l'instabilité mondiale pourrait contraindre les États-Unis à réévaluer ces relations. Comme le postule Hampson : « Soudain, vos partenaires plus proches, avec qui vous auriez pu avoir une relation légèrement antagoniste... il est peut-être temps d'être aimable parce qu'ils ont des choses que (Trump) désire en abondance. »

L'accord de l'ACEUM a servi de bouclier au Canada et au Mexique contre les pires effets des tarifs, et l'administration précédente avait exprimé son scepticisme quant à sa pertinence. Alors que l'examen du pacte approche en juillet, les trois nations sont confrontées à un choix crucial : renouveler l'accord pour 16 ans supplémentaires, s'en retirer, ou signaler à la fois le non-renouvellement et le non-retrait, déclenchant un examen annuel qui pourrait prolonger les négociations pendant une décennie. Dans les circonstances actuelles, le besoin des États-Unis en matière de stabilité d'approvisionnement pourrait les pousser vers le renouvellement ou du moins le maintien de la continuité des négociations.

Les tactiques de pression américaines ne se sont pas limitées aux tarifs ; le ministère de la Justice a récemment lancé une enquête antitrust sur les producteurs d'engrais, y compris Nutrien de la Saskatchewan, concernant la collusion et la fixation des prix. Bien que le gouvernement provincial de la Saskatchewan ait affirmé que « les engrais sont des produits de base échangés mondialement dans un environnement très concurrentiel » et que « la tarification est déterminée par le marché, et non par les entreprises productrices », le calendrier suggère que la potasse reste une priorité pour l'administration américaine au milieu de la guerre en Iran et des négociations de l'ACEUM.

Luke Lindberg, sous-secrétaire au commerce et aux affaires agricoles étrangères au Département de l'Agriculture des États-Unis, a souligné que l'administration ne tolérera aucune entreprise essayant de « surfacturer les agriculteurs et les éleveurs américains ». À cet égard, Inu Manak, chercheuse principale en commerce international au Council on Foreign Relations, note que le conflit en Iran et les chocs de prix qu'il a déclenchés devraient rappeler à Washington sa dépendance envers d'autres nations lors des discussions sur l'avenir de l'ACEUM. « Nous avons besoin de partenaires de confiance si nous voulons réellement relever certains de ces défis et survivre à ces chocs », a déclaré Manak.

En tant que producteur majeur de matières premières, le Canada est essentiel à la base industrielle américaine, en particulier en ce qui concerne la potasse, le pétrole et le marché intégré. Manak suggère que « l'état d'esprit des négociations est potentiellement en train de changer un peu et de donner au Canada l'espace pour se concentrer sur ces questions et dire : 'Écoutez, nous voulons travailler avec vous. Nous travaillons avec vous depuis très longtemps. Voici ce que nous pouvons faire pour renforcer ces liens plutôt que de les affaiblir.' » Ce changement dans la dynamique mondiale offre une opportunité unique au Canada de consolider sa position commerciale et diplomatique avec son voisin du sud.

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