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Saturday, 11 July 2026
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Le Sénégal Adopte une Loi Assimilant l'Homosexualité à la Nécrophilie et Prévoit Jusqu'à 10 Ans de Prison

La nouvelle législation alourdit considérablement les peines

Le Sénégal Adopte une Loi Assimilant l'Homosexualité à la Nécrophilie et Prévoit Jusqu'à 10 Ans de Prison
عبد الفتاح يوسف
2026-03-12 22:21
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Sénégal - Agence de presse Ekhbary

Le Sénégal Vote une Loi Sévère Assimilant l'Homosexualité à des Actes Inavouables

Dans une décision législative marquante, le parlement sénégalais a voté en faveur d'une nouvelle loi qui renforce considérablement les sanctions contre les relations sexuelles entre personnes de même sexe, les plaçant sous le même parapluie juridique que des actes tels que la zoophilie et la nécrophilie, sous la dénomination générale d'"actes contre nature". Ce projet de loi, adopté par une large majorité de 135 voix contre zéro et trois abstentions, représente un durcissement significatif du code pénal sénégalais en matière d'orientation sexuelle et d'identité de genre.

La nouvelle législation porte la peine maximale de prison pour les actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe de cinq à dix ans. De manière plus préoccupante, elle élargit la définition des "actes contre nature" pour inclure non seulement l'homosexualité, mais aussi la bisexualité, la transidentité, ainsi que la zoophilie et la nécrophilie. Cette définition étendue suscite de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, qui craignent des applications discriminatoires et une augmentation de la persécution des personnes LGBTQIA+.

Ce durcissement législatif s'inscrit dans le cadre d'une promesse de campagne du gouvernement actuel, arrivé au pouvoir en 2024 sous la direction du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Les partisans de cette loi ont argumenté que l'article précédent du code pénal, dont la dernière modification remonte à 1966, était trop vague et manquait de rigueur. La version révisée non seulement augmente la peine de prison potentielle, mais stipule également que les juges ne pourront pas accorder de peines avec sursis ni réduire les peines minimales. De plus, les personnes reconnues coupables de promotion ou de financement de tels actes encourent également des peines de prison.

La période précédant le vote a été marquée par des manifestations publiques dans la capitale, Dakar, où les participants ont scandé des slogans hostiles à l'homosexualité et brandi des pancartes représentant des arcs-en-ciel barrés. Parallèlement, des groupes de défense des droits humains ont signalé une augmentation des arrestations d'hommes soupçonnés d'être impliqués dans des "actes contre nature". Dans certains cas, les accusations comprenaient la "transmission volontaire" du VIH, un crime également passible de dix ans de prison. Selon la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, environ 27 hommes auraient été arrêtés entre le 9 et le 24 février.

La nouvelle loi sénégalaise s'inscrit dans une tendance régionale plus large de législations anti-LGBTQIA+ en Afrique de l'Ouest. L'année dernière, le Burkina Faso a adopté une loi criminalisant pour la première fois les relations sexuelles entre personnes de même sexe, imposant des peines de prison allant jusqu'à cinq ans. De même, les législateurs au Ghana examinent actuellement un projet de loi qui augmenterait la peine maximale pour les actes entre personnes de même sexe à cinq ans et criminaliserait la "promotion, le parrainage ou le soutien intentionnel des activités LGBTQ+".

Les organisations internationales de défense des droits humains ont fermement condamné cette nouvelle loi sénégalaise, exhortant le gouvernement à reconsidérer ses dispositions et à respecter les droits fondamentaux de tous les citoyens. Les critiques soutiennent que de telles législations favorisent la discrimination, alimentent la violence contre les personnes LGBTQIA+ et peuvent nuire aux efforts de santé publique, notamment en matière de prévention et de traitement du VIH. La portée étendue de la loi soulève également des inquiétudes quant à d'éventuels abus et à l'érosion de la vie privée.

L'adoption de cette loi souligne l'interaction complexe entre les normes culturelles, religieuses et juridiques au Sénégal. Alors que le gouvernement cherche à répondre à certaines demandes sociétales, la communauté internationale et les défenseurs des droits humains insistent sur les principes universels d'égalité et de non-discrimination. L'impact à long terme de cette législation sur le tissu social du Sénégal et sa position internationale restent à déterminer, mais elle signale sans aucun doute une période difficile pour les droits LGBTQIA+ dans le pays et dans la région élargie.

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