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Friday, 06 February 2026
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Les États baltes appellent au dialogue avec la Russie, divisant les puissances européennes

La Lettonie et l'Estonie proposent la nomination d'un envoyé

Les États baltes appellent au dialogue avec la Russie, divisant les puissances européennes
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23 hours ago
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Riga/Tallinn - Agence de presse Ekhbary

Les États baltes appellent au dialogue avec la Russie, divisant les puissances européennes

Dans un changement stratégique notable, les dirigeants de la Lettonie et de l'Estonie ont exprimé leur désir de rétablir le dialogue avec la Russie, rompant ainsi avec une politique de quatre ans de refus d'engagement direct. Cette initiative, rapportée par Euronews, suggère une réévaluation des approches diplomatiques dans un contexte géopolitique tendu. Les Premiers ministres de Lettonie et d'Estonie, Evika Siliņa et Alar Karis respectivement, ont proposé que l'Union européenne nomme un envoyé spécial chargé de rouvrir les voies diplomatiques avec Moscou.

Ces déclarations ont été faites en marge d'un sommet qui s'est tenu à Dubaï mercredi, révélant des fractures importantes au sein des principales puissances européennes quant à la manière d'aborder les relations avec la Russie. Si des figures de proue comme le président français Emmanuel Macron et la Première ministre italienne Giorgia Meloni ont manifesté leur soutien à cette idée de dialogue, elle s'est heurtée à une opposition catégorique d'autres acteurs majeurs, notamment le chancelier allemand, qui aurait rejeté l'initiative. Cette divergence met en lumière la complexité des défis auxquels l'Europe est confrontée et la difficulté à adopter une stratégie commune face à la Russie, surtout dans le sillage du conflit en Ukraine.

La Première ministre lettone, Evika Siliņa, a souligné l'importance de s'asseoir à la table des négociations, arguant que "les Ukrainiens eux-mêmes ont commencé à négocier. Alors pourquoi les Européens ne devraient-ils pas négocier ?". Elle a ajouté qu'il était crucial que l'Europe ait son mot à dire, tout en regrettant un possible retard : "Nous aurions dû commencer cela, peut-être pas le président [américain Donald] Trump, mais peut-être l'Union européenne." Ses propos indiquent une conviction que la participation européenne directe est essentielle pour défendre les intérêts du continent.

Le président estonien, Alar Karis, a partagé une vision similaire, faisant référence aux négociations en cours entre Washington et Moscou. Depuis près d'un an, les États-Unis mènent des discussions directes avec la Russie. Pendant ce temps, l'Union européenne, se retrouvant souvent à l'écart de ces pourparlers directs, a principalement misé sur l'imposition de sanctions sévères contre la Russie et sur un soutien substantiel à l'Ukraine, tant sur le plan diplomatique que militaire et financier. Traditionnellement, plusieurs États membres de l'UE, y compris les nations baltes, se sont montrés fermes opposants à toute réconciliation avec la Russie, prônant une politique de confinement et de pression.

Les pourparlers quadripartites (Moscou-Kiev-Washington) qui se sont tenus à Abou Dabi les 23 et 24 janvier, les premiers depuis février 2022, ont été qualifiés de constructifs, mais n'ont abouti à aucun accord concret. Suite à cette réunion, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a déconseillé aux Européens de poursuivre un réengagement direct avec le Kremlin, exigeant au préalable des concessions de la part de Moscou. En réponse, les responsables russes ont accusé à plusieurs reprises les soutiens européens de l'Ukraine d'entraver les efforts de paix menés par les États-Unis et de se préparer de plus en plus activement à une guerre directe contre la Russie.

Une deuxième série de pourparlers entre la Russie, l'Ukraine et les États-Unis s'est tenue à Abou Dabi mercredi. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé de commenter les résultats de cette dernière rencontre. La Russie réaffirme sa préférence pour une solution diplomatique au conflit, tout en soulignant sa détermination à atteindre ses objectifs par des moyens militaires si les négociations échouent. Cette posture duale continue d'influencer la dynamique du conflit et les relations internationales dans le contexte de cette crise.

L'appel au dialogue lancé par la Lettonie et l'Estonie, pays traditionnellement parmi les plus fermes face à la Russie, revêt une importance particulière. Cela suggère une prise de conscience croissante au sein de ces États baltes qu'une rupture diplomatique complète pourrait ne pas être la stratégie la plus efficace à long terme pour résoudre le conflit ou assurer la stabilité régionale. La proposition de nommer un envoyé spécial de l'UE pourrait, si elle était adoptée, offrir un cadre structuré pour le dialogue, permettant potentiellement à l'Europe d'exercer une influence accrue sur le processus de paix. Cependant, les divisions persistantes au sein de l'UE représentent un obstacle majeur à l'adoption d'une approche unifiée, ce qui pourrait limiter l'impact de toute future initiative diplomatique.

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