Népal - Agence de presse Ekhbary
Un Rappeur Devenu Politicien Remporte une Majorité Écrasante au Népal
Dans un renversement politique spectaculaire, le Népal a vu le Rastriya Swatantra Party (RSP), dirigé par le charismatique Balendra Shah, remporter une majorité écrasante lors des récentes élections législatives. Shah, un ancien ingénieur civil de 35 ans et artiste hip-hop connu sous le nom de "Balen", a mené son parti à la conquête de 182 sièges sur les 275 que compte la Chambre des représentants. Ce triomphe marque une rupture significative dans le paysage politique népalais, couronnant une campagne électorale d'une intensité remarquable et témoignant d'un rejet clair de l'establishment politique.
Shah, qui avait déjà acquis une popularité considérable en devenant le premier maire indépendant de Katmandou en 2022, a su capitaliser sur son image d'outsider et son discours anti-corruption pour mobiliser une génération lassée par l'immobilisme politique et la corruption endémique. Son parcours singulier, de la scène musicale à la direction politique du pays, reflète le désir profond d'une partie de la population népalaise pour un changement tangible et une gouvernance plus efficace. Le message du RSP a trouvé un écho particulier auprès des jeunes électeurs, qui représentent une part substantielle de la population népalaise, et auprès de ceux qui se sentent trahis par les partis traditionnels qui ont longtemps dominé la scène politique.
Lire aussi
- Approbation de Trump en légère hausse à 36% sur fond d'apaisement des craintes sur les prix
- Netanyahou et Trump en désaccord sur l'accord américano-iranien de cessez-le-feu
- Le gouverneur de Californie accuse Trump d'utiliser la justice contre lui et son épouse
- Netanyahu: La campagne américano-israélienne a évité une "annihilation nucléaire"
- Huit morts présumés dans le crash d'un bombardier B-52 en Californie
La Commission électorale a officiellement annoncé jeudi que le RSP avait remporté 125 sièges directement et 57 autres par le biais de la représentation proportionnelle, démontrant ainsi la portée nationale de son succès. Cette victoire éclatante a relégué le Congrès népalais, autrefois parti dominant, à la deuxième place avec 38 sièges. L'une des défaites les plus notables est celle de Khadga Prasad Sharma Oli, ancien Premier ministre et figure politique de premier plan, qui n'a obtenu que 25 sièges pour son parti marxiste. De manière symbolique, Balendra Shah a personnellement battu Oli, âgé de 74 ans, dans la propre circonscription de ce dernier, un coup dur pour la vieille garde politique.
Malgré cette défaite, Oli a félicité son rival sur la plateforme X (anciennement Twitter), lui souhaitant un mandat "sans heurts et fructueux". Cette reconnaissance, bien que courtoise, souligne le changement radical de pouvoir.
Les résultats de ces élections s'inscrivent dans le prolongement des troubles sociaux et politiques qui ont secoué le Népal en septembre 2025. Ces manifestations, initialement déclenchées par l'interdiction des médias sociaux par le gouvernement, se sont rapidement transformées en un mouvement populaire contre la corruption généralisée et la stagnation économique, causant la mort d'au moins 77 personnes. Balendra Shah, dont les chansons abordaient déjà ces thèmes, s'est imposé comme un leader emblématique de ces mouvements. Sa chanson "Nepal Haseko" (Le Népal Sourire) a cumulé plus de 10 millions de vues sur YouTube, devenant un hymne pour le mouvement de contestation et amplifiant le message d'espoir et de réforme porté par Shah.
Les analystes politiques soulignent que l'ascension de Shah, d'ingénieur à rappeur, puis à maire et potentiellement Premier ministre, témoigne d'une profonde mutation générationnelle. Alors que plus de 40% de la population népalaise, estimée à près de 30 millions d'habitants, a moins de 35 ans, la classe politique traditionnelle est restée figée dans les décennies précédentes, avec des dirigeants souvent septuagénaires. La victoire de Shah représente, selon ses propres termes, un refus de "prendre la voie facile" et une volonté de s'attaquer aux "problèmes et trahisons qui ont affecté le pays".
Le RSP, fondé la même année que l'élection de Shah à la mairie de Katmandou, a mené une campagne remarquablement organisée. Un élément clé de son succès réside dans le financement substantiel apporté par la diaspora népalaise, notamment les communautés établies aux États-Unis. Le journaliste népalais Pranaya Rana a décrit Shah comme incarnant "l'esprit de l'outsider que de nombreux jeunes Népalais recherchent pour bousculer le statu quo", résumant ainsi l'attrait de sa candidature pour une population aspirant à un changement radical.
Actualités connexes
- Le ministre iranien des Affaires étrangères critique le nom de "Détroit de Trump"
- Égypte: Exhumation et nouvelle autopsie du corps du Dr. Diaa El-Awady sur ordre du procureur
- Liban: Beyrouth proteste contre la guerre israélienne et l'escalade dans le Sud
- Le Parlement Turc Avertit Israël et Exige la Libération des Activistes de la Flottille de la Résilience
- Les travailleurs de Gaza confrontés à la destruction économique et au chômage croissant
Sur la scène internationale, le Premier ministre indien Narendra Modi a salué le vote comme un "moment de fierté" pour le parcours démocratique du Népal, promettant une coopération étroite avec le nouveau gouvernement. Conformément aux procédures constitutionnelles népalaises, les partis doivent désormais soumettre leurs nominations pour les sièges attribués proportionnellement avant la convocation officielle du Parlement par le président. La confirmation d'un nouveau Premier ministre, qui nécessitera le soutien d'au moins la moitié des membres du Parlement, est attendue dans les prochains jours, marquant ainsi le début officiel d'une nouvelle ère politique au Népal.