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Thursday, 29 January 2026
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Subventions Starlink : SpaceX dicte ses conditions aux États-Unis

Subventions Starlink : SpaceX dicte ses conditions aux États-Unis
Ekhbary Editor
10 hours ago
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États-Unis - Agence France-Presse

Les subventions Starlink font l'objet de nouvelles exigences de la part de SpaceX. L'entreprise d'Elon Musk a envoyé une liste de conditions aux gouvernements des États américains, cherchant à garantir des fonds fédéraux même si les résidents n'achètent pas le service haut débit de Starlink.

SpaceX a notamment proposé de fournir "tout l'équipement nécessaire" pour recevoir le haut débit "sans frais pour les abonnés qui en font la demande". Cela éliminerait apparemment les frais initiaux de matériel. Cependant, SpaceX ne promet pas de prix mensuels inférieurs aux tarifs habituels pour les consommateurs dans ces zones subventionnées, s'engageant plutôt à offrir le service à 80 dollars par mois ou moins aux ménages à faible revenu.

Les demandes de SpaceX garantiraient également qu'elle soit rémunérée par le gouvernement, même si elle ne réserve pas de "larges portions" de sa capacité réseau pour les foyers dans les zones subventionnées. L'entreprise ne serait pas non plus responsable de l'installation correcte de l'équipement Starlink chez chaque client.

Ces conditions ont été transmises aux bureaux d'État chargés du haut débit via une lettre, obtenue et publiée par Broadband.io et le Benton Institute for Broadband & Society. SpaceX a argumenté que les paiements de subvention ne devraient pas dépendre des "décisions d'achat indépendantes des utilisateurs".

Contexte du programme BEAD et les subventions Starlink

Ces propositions s'appliqueraient aux subventions distribuées dans le cadre du programme américain Broadband Equity, Access, and Deployment (BEAD). Ce programme, créé par le Congrès en 2021, visait à injecter plus de 42 milliards de dollars pour étendre les réseaux haut débit dans les zones mal desservies.

Initialement conçu par l'administration Biden pour prioriser les déploiements de fibre optique, le programme a été remanié sous l'administration Trump. La National Telecommunications and Information Administration (NTIA) de l'époque a jugé le plan Biden trop coûteux, modifiant les règles pour faciliter l'accès aux financements pour les services satellitaires.

En conséquence, SpaceX devrait recevoir 733,5 millions de dollars pour couvrir 472 600 sites, tandis que le service satellitaire de Leo d'Amazon (anciennement Kuiper) obtiendra 311 millions de dollars pour 415 000 sites. Les réseaux satellitaires représenteraient environ 5 % des fonds totaux, mais desserviraient plus de 22 % des emplacements subventionnés.

Drew Garner, directeur de l'engagement politique au Benton Institute, a critiqué ces concessions. Selon lui, elles "limiteraient les obligations de performance de Starlink, les calendriers de paiement, les pénalités de non-conformité, les attentes en matière de reporting, ainsi que les normes de travail et d'assurance".

Garner a souligné que les exigences de SpaceX "illustrent les problèmes liés à la manière dont la NTIA de Trump a réécrit les règles du programme pour accroître la dépendance vis-à-vis des fournisseurs de satellites en orbite terrestre basse (LEO)".

  • SpaceX cherche à minimiser la capacité des États à pénaliser les bénéficiaires LEO en cas de défaut.
  • L'entreprise souhaite éviter de devoir rendre compte de l'utilisation des fonds BEAD ou d'autres informations financières liées à la subvention.

Dans sa lettre, SpaceX affirme que "toutes les exigences liées aux questions de travail (par exemple, salaire courant et obligations similaires), aux entrepreneurs et aux marchés publics sont inapplicables" à l'entreprise. Elle justifie cela en expliquant qu'il n'y a "pas d'employés, d'entrepreneurs ou de contrats identifiables financés" pour soutenir le service Starlink.

Il reste incertain si SpaceX renoncera aux subventions si ses conditions ne sont pas acceptées. L'entreprise a exprimé le souhait d'éviter des négociations "étendues", mais reconnaît implicitement que certains ajustements pourraient être nécessaires avec les États.

Agence France-Presse