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Friday, 03 April 2026
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La controverse de la succession du PJ de Buenos Aires : Kicillof écarte l'offre de Máximo Kirchner et insiste sur un loyaliste

Le gouverneur Axel Kicillof maintient sa position ferme face

La controverse de la succession du PJ de Buenos Aires : Kicillof écarte l'offre de Máximo Kirchner et insiste sur un loyaliste
Ekhbary Editor
2 months ago
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Argentine - Agence de presse Ekhbary

La controverse de la succession du PJ de Buenos Aires : Kicillof écarte l'offre de Máximo Kirchner et insiste sur un loyaliste

La scène politique de la province de Buenos Aires est le théâtre d'une intense lutte de pouvoir au sein du Parti Justicialiste (PJ), une confrontation qui met en lumière les profondes fractures internes et les stratégies de positionnement en vue des défis électoraux à venir. Au centre de cette discorde, le gouverneur Axel Kicillof et le leader de La Cámpora, Máximo Kirchner, s'affrontent indirectement pour la direction du PJ provincial, un poste clé pour le contrôle de l'appareil politique du péronisme dans la plus grande province d'Argentine.

La tension a culminé lorsque Máximo Kirchner a rompu le silence des négociations en laissant entendre qu'il soutiendrait Kicillof pour la présidence du PJ, un geste présenté comme une initiative d'unité. Cependant, cette proposition, perçue par beaucoup comme une manœuvre stratégique pour désamorcer les conflits internes et potentiellement consolider sa propre influence, a été accueillie avec un « silence élégant » mais ferme par l'entourage du gouverneur à La Plata. Loin d'accepter l'offre, le camp de Kicillof a réaffirmé sa condition inébranlable : le futur président du parti doit être un dirigeant qui défend « explicitement et ouvertement » la gestion provinciale.

À un peu plus d'une semaine de la date limite du 8 février pour la présentation des candidatures, le temps presse pour le péronisme de Buenos Aires. Les élections internes, prévues pour le 15 mars, exigent une unité difficile à atteindre. Kicillof, loin de se laisser influencer par la proposition de Kirchner, a réuni un groupe d'intendants des Première et Troisième Sections électorales, membres du Mouvement Droit à l'Avenir (MDF), son propre espace politique. Lors de cette rencontre, ils ont de nouveau proposé au gouverneur de prendre les rênes du PJ provincial. Bien qu'il soit jugé peu probable que Kicillof se porte lui-même candidat, cette initiative a servi à réaffirmer sa position de force et son exigence d'une direction alignée sur ses intérêts.

Face à l'éventualité que Kicillof ne se présente pas, les discussions au sein du MDF se sont orientées vers la vice-gouverneure, Verónica Magario, comme candidate de consensus. Cependant, même ce nom ne garantit pas l'unité souhaitée. Mariel Fernández, intendante de Moreno et figure montante, a déjà annoncé son intention de recueillir les soutiens nécessaires pour se présenter si Magario est désignée, soulignant ainsi la fragmentation interne. Dans ce scénario complexe, le nom de Julio Alak, actuel ministre de la Justice et des Droits de l'Homme de la province, a également été évoqué comme une alternative potentielle pour la présidence du PJ, illustrant la difficulté de trouver un candidat qui puisse rallier toutes les factions.

Le message de La Cámpora, diffusé à la presse dans la soirée du jeudi, a pris de court de nombreux observateurs. La disposition de Máximo Kirchner à céder la présidence du PJ à Axel Kicillof, bien que présentée comme un geste d'unité, a été perçue par certains comme une tentative de pression sur le gouverneur, qui n'avait pas encore pris de décision formelle sur sa participation. Un chef communal du MDF, proche de Magario, a ironisé sur cette proposition, suggérant que le camp de Kirchner « perdait du terrain et devait trouver quelque chose à dire », après avoir proposé et vu rejeter d'autres noms comme Federico Otermín et Leonardo Nardini. Cette déclaration souligne la perception d'une manœuvre désespérée plutôt que d'une réelle volonté de conciliation.

L'entourage de Kicillof a continué d'esquiver la proposition de Máximo Kirchner avec une clarté désarmante. « Nous maintenons la même position : celui qui présidera le PJ doit soutenir ouvertement et explicitement le gouverneur et les politiques publiques du gouvernement provincial », ont-ils déclaré, insistant sur le fait que seul un membre du MDF pourrait garantir cet alignement. Interrogés sur le message de Kirchner, les proches du gouverneur ont répondu par un haussement d'épaules et un laconique : « Demandez à Máximo ». Cette attitude, perçue comme un « ninguneo » – un acte de dédain ou de minimisation – a clairement indiqué le manque d'enthousiasme de Kicillof pour la proposition de Kirchner et sa détermination à imposer sa propre vision pour la direction du parti.

Au-delà de la date limite du 8 février et des candidatures qui seront finalement présentées, la possibilité d'un congrès du péronisme de Buenos Aires avant le 15 mars pour introniser une liste d'unité demeure. Cependant, la question est de savoir si un tel accord pourra se traduire au niveau des municipalités, où les dirigeants sont souvent profondément divisés par des rivalités locales et des divergences idéologiques. Le défi de l'unité est immense, confronté à la pression de ceux qui défendent des positions intransigeantes.

Les divergences idéologiques au sein du péronisme sont plus apparentes que jamais. Florencia Saintout, membre influente de La Cámpora et ministre de la Culture du gouvernement de Kicillof, a publiquement plaidé pour Máximo Kirchner comme candidat. Elle a lancé un appel vibrant à la réflexion sur l'avenir du péronisme, remettant en question l'idée d'un « péronisme conservateur » ou d'un « péronisme animal de compagnie du pouvoir ». Pour Saintout, le parti doit être « transformateur », capable de « discuter avec le pouvoir », non seulement celui du président Javier Milei, mais aussi le pouvoir médiatique concentré et le pouvoir économique. « Nous devons discuter de ce que nous voulons en 2027. Justement, je veux un Kirchner », a-t-elle affirmé, soulignant que Máximo est « bien plus qu'un nom, il est Kirchner et il a honoré le fait d'être Kirchner ».

De l'autre côté du spectre politique interne, les postures sont tout aussi dures. Gilberto Alegre, intendant de General Villegas et militant du MDF, a lancé une critique virulente contre Cristina Kirchner, affirmant que le kirchnérisme « n'est pas du péronisme. C'est du socialisme du XXIe siècle ». Il est allé jusqu'à qualifier Cristina Fernández de « délinquante condamnée pour des délits de droit commun ». Ces déclarations extrêmes illustrent l'ampleur de la polarisation et la difficulté à construire un consensus, même au sein d'un même mouvement politique. La bataille pour la direction du PJ de Buenos Aires est donc bien plus qu'une simple élection interne ; elle est un reflet des tensions idéologiques et des luttes de pouvoir qui définiront l'avenir du péronisme en Argentine.