Corée du Sud - Agence de presse Ekhbary
Licenciement pour harcèlement sexuel verbal jugé excessif par un tribunal militaire sud-coréen
Dans une décision qui pourrait faire jurisprudence, le Tribunal administratif de Séoul a estimé que le licenciement d'un fonctionnaire civil militaire de 5ème classe, désigné sous le nom de 'M. K', pour des faits de harcèlement sexuel et d'abus d'autorité envers ses subordonnés, constituait une sanction excessive et illégale. La cour a ainsi donné raison à M. K dans son recours visant à annuler la mesure prise par le Chef d'état-major de l'armée de l'air.
M. K, qui occupait le poste de chef de département au Centre médical aérospatial de l'armée de l'air, avait été licencié en 2023. Les motifs invoqués par la commission disciplinaire des militaires civils incluaient la violation de son devoir de maintien de la dignité et de son devoir de loyauté. Les accusations portaient sur plusieurs incidents survenus entre 2020 et 2022.
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Les faits reprochés comprenaient des commentaires à caractère sexuel émis par M. K. En 2020, observant un subordonné sur le point de quitter son travail, il aurait déclaré à propos de sa tenue : "Ne portez pas ce genre de vêtements. Cela pourrait éveiller la curiosité sexuelle des soldats." Plus tard, en 2022, s'adressant à un autre employé portant un corset orthopédique suite à un accident de voiture, il aurait tenu des propos tels que : "Cela semble trop accentuer la poitrine. On dirait que vous portez un corset", ce qui a été qualifié de harcèlement sexuel.
En outre, les enquêtes ont révélé que M. K avait exercé des pressions et des intimidations sur des employés militaires sous contrat à durée déterminée. Il critiquait leurs méthodes de travail et laissait entendre que leur renouvellement de contrat pourrait être compromis, une forme de "gapjil" (abus de pouvoir) dans le contexte professionnel coréen.
Suite à son licenciement, M. K avait fait appel auprès de la Commission d'examen des appels des militaires civils du Ministère de la Défense. Cependant, sa requête avait été rejetée en mai de l'année précédente. Contestant cette décision, il avait alors saisi la justice administrative.
La cour, sous la présidence du juge Lee Sang-deok de la 14ème division administrative, a jugé que la décision de licenciement représentait un "dépassement et un abus du pouvoir discrétionnaire" de la part de l'autorité disciplinaire, la rendant ainsi illégale. Tout en reconnaissant que les propos de M. K pouvaient être interprétés comme des plaisanteries à connotation sexuelle susceptibles de provoquer malaise et dégoût, le tribunal a insisté sur le fait qu'il s'agissait de "harcèlement sexuel verbal pur, sans aucun contact physique". La cour a également précisé que ces remarques ne semblaient pas viser directement à suggérer des relations sexuelles ou à manipuler le subordonné dans le but d'une gratification sexuelle personnelle de l'auteur.
La cour a également pris en compte le désir des victimes d'être séparées de M. K. Elle a souligné que cette séparation pouvait être obtenue par des moyens moins drastiques que le licenciement. Le tribunal a suggéré que des mesures telles que la modification de poste ou le transfert vers une autre unité auraient pu suffire à répondre aux attentes des victimes. Compte tenu de ces alternatives, la cour a conclu qu'il n'était pas possible d'affirmer avec certitude que des sanctions disciplinaires moins sévères n'auraient pas permis d'atteindre les objectifs disciplinaires visés.
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Cette décision met en lumière l'importance de la proportionnalité entre la faute commise et la sanction infligée, particulièrement dans les affaires de harcèlement. Elle souligne la distinction entre le harcèlement verbal et le harcèlement physique, et l'obligation de considérer des solutions alternatives avant d'imposer la peine la plus lourde, surtout lorsque les actes reprochés sont principalement d'ordre verbal et dénués de contact physique.